N'est pas mort ce qui à jamais dort ...

Ian Brady et Myra Hindley : Les meurtriers des Landes (Moors murderers)

2 Janvier 2013 , Rédigé par Kthullu Publié dans #Serial Killer

 

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Les meurtres des Landes ont été commis par Ian Brady et Myra Hindley entre juillet 1963 et octobre 1965, dans et autour ce qui est aujourd’hui le Grand Manchester, en Angleterre. Les victimes étaient cinq enfants âgés entre 10 et 17 ans – Pauline Reade, John Kilbride, Keith Bennett, Lesley Ann Downey et Edward Evans – dont quatre au moins ont été agressés sexuellement. Les meurtres sont nommés ainsi parce que deux des victimes ont été découvertes dans des tombes creusées dans la Lande de Saddleworth ; une troisième tombe a été découverte dans la lande en 1987, plus de 20 ans après le jugement de Brady et Hindley en 1966. Le corps d’une quatrième victime, Keith Bennett, est aussi suspecté d’être enterré là, mais il demeure non retrouvé en 2012.


 La police était au départ au courant de seulement trois meurtres, ceux de Edward Evans, Lesley Ann Downey et de John Kilbride. L’enquête a été ré-ouverte en 1985, après que la presse ait rapporte qu'il avait confessé les meurtres de Pauline Reade et de Keith Bennett. Brady et Hindley ont été emmenés séparément sur la Lande de Saddleworth pour aider la police dans leur recherche des tombes, les deux ayant alors confessé les meurtres additionnels.

Décrite par la presse comme “la femme la plus malfaisante de Grande Bretagne”, Hindleya fait plusieurs fois appels contre sa condamnation à vie, déclarant qu'elle était une femme repentie et plus un danger à la société, mais elle n’a jamais été relâchée. Elle est morte en 2002, à l’âge de 60 ans. Brady a été déclaré psychopathe en 1985, depuis lors il a été restreint dans l’hôpital de haute sécurité de Ashworth. Il a clairement expliqué qu’il ne voudrait jamais en sortir, et a demandé plusieurs fois à mourir.

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Les meurtres, rapportés dans pratiquement tous les journaux anglophones du monde, étaient le résultat de ce que Malcolm MacCulloch, professeur de psychiatrie légale à l’université de Cardiff, a nommé un “enchaînement de circonstances”, qui ont rassemblé une “jeune femme à la personnalité dure, qui a appris à distribuer et recevoir de la violence toute petite” et un ”psychopathe sexuellement sadique”.

L’étendue complète du massacre de Brady et Hindley n’a pas vu la lumière jusqu’à leurs aveux en 1985, étant donné que les deux avaient maintenu leur innocence jusqu’alors. Leur première victime a été Pauline Reade, 16 ans, voisine de Hindley qui a disparu en chemin vers une boîte de nuit de Crumpsall le 12 juillet 1963. Ce soir-là, Brady a dit àHindley qu’il voulait “commettre son meurtre parfait”. Il lui a dit de conduire son van dans le coin tandis qu'il la suivrait à moto ; quand il remarquerait une victime possible, il lui ferait des appels de phare, et Hindley s’arrêterait offrir cette personne de la conduire où elle voulait.

Roulant dans Gorton Lane, Brady a vu une jeune fille qui marchait vers eux, et a signalé à  Hindley de s’arrêter, ce qu’elle n’a pas fait jusqu’à ce qu’elle ai dépassé la fille. Brady s’est arrêté à son tour, demandant pourquoi elle n’avait pas offert à la fille de la prendre, ce à quoi Hindley a répondu qu’elle l’avait reconnue comme étant Marie Ruck, une voisine de sa mère. Peu après 20h, continuant sur Froxmer Street, Brady a remarqué une fille portant un manteau bleu pâle et des chaussures blanches à hauts talons qui s’éloignait d’eux, et a encore une fois fait signe au van de s’arrêter. Hindley a reconnue la fille comme étant Pauline Reade, amie de sa sœur cadette, Maureen. Reade est montée dans le van avec Hindley, qui a alors demandé si elle voulait bien l’aider à rechercher un gant cher qu’elle avait perdu dans la Lande de Saddleworth. Reade a dit qu’elle n’était pas pressée et a accepté. À 16 ans, Pauline Reade était plus âgée que Marie Ruck, et Hindley s’est rendue compte qu’il y aurait moins de clameur à propos de la disparition d’une adolescente qu’à propos d’une enfant de sept ou huit ans. Quand le van a atteint la lande, Hindley s’est arrêté et Brady est arrivé peu après à moto. Elle l’a présenté à Reade comme son petit ami, et a dit qu’il était également venu pour l’aider à retrouver le gant perdu. Brady a emmené Reade dans la lande tandis que Hindley attendait dans le van. Après environ 30 minutes, Brady est revenu seul, et a emmené Hindley à l’endroit où Reade était allongée en train de mourir, la gorge tranchée. Il lui a dit de rester avec Reade tandis qu’il allait chercher un pelle qu’il avait cachée lors d’une précédente visite sur la lande, pour enterrer le corps.Hindley a remarqué que “le manteau de Pauline était défait et que ses vêtement étaient en désordre [...] Elle avait deviné du temps qu’il avait pris que Brady l’avait agressée sexuellement”. Retournant chez eux en van – ils avaient chargé la moto dedans – Brady et Hindley sont passés devant la mère de Reade, Joan, accompagnée de son fils, Paul, qui cherchait Pauline dans la rue.

Hindley s’est approchée de John Kilbride, 12 ans, le 23 novembre 1963, sur un marché de Ashton-under-Lyne, et lui a demandé de porter des cartons. Brady était assis à l’arrière d’une Ford Anglia que Hindley avait louée. Quand ils sont arrivés sur la lande, Brady a emmené l’enfant avec lui tandis que Hindley attendait dans la voiture. Brady a agressé sexuellement Kilbride et a tenté de lui trancher la gorge avec un couteau à dents de scie de 15 cm avant de l’étrangler fatalement avec une corde, probablement un lacet.

Keith Bennett, 12 ans, a disparu en chemin vers sa grand-mère à Gorton en début de soirée le 16 juin 1964, quatre jours après son anniversaire. Hindley l’a attiré dans sa camionnette Mino – à l’arrière de laquelle Brady était assis – en demandant l’aide du garçon pour charger quelques cartons, après quoi elle a dit qu’elle le ramènerait chez lui. Elle a roulé jusqu’à une aire de stationnement de la lande de Saddleworth comme convenu par elle et Brady, et Brady est parti avec Bennett, soi-disant à la recherche d’un gant.Hindley a monté la garde, et après 30 minutes environ Brady est réapparu, seul et portant une pelle qu’il avait dissimulée plus tôt. Quand Hindley a demandé comment il avait tué Bennett, Brady a dit qu’il avait sexuellement agressé le garçon et l’avait étranglé avec une corde.

Brady et Hindley sont allés dans une foire le 26 décembre 1964 à la recherche d’une autre victime, et ont remarqué Lesley Ann Downey, 10 ans, à côté d’un des manèges. Quand il est devenu apparent qu’elle était seule, ils se sont approchés d’elle et ont délibérément laissé tomber une partie des achats qu’ils portaient près d’elle, avant de demander l’aide de la fille pour porter une partie des sacs jusqu’à leur voiture, et puis chez eux. Une fois à l’intérieur de la maison, Downey a été déshabillée, bâillonnée et forcée à poser pour des photos avant d’être viole et fatalement étranglée avec une corde. Hindley a maintenu qu’elle est allée faire couler un bain pour l’enfant et a trouvé la fille morte (on présume tuée par Brady) quand elle est est revenue. Le lendemain matin, Brady et Hindley sont allés avec le corps de Downey sur la lande de Saddleworth, où elle a été enterrée, nue avec ses vêtements à ses pieds, dans une tombe peu profonde.

Le 6 octobre 1965, Brady a rencontré l’apprenti ingénieur de 17 ans edward Evans à la gare de Manchester Central et l’a invité chez lui au 16 Wardle Broook Avenue à Hattersley, où Brady l’a battu à mort avec une hache.

L’attaque de Edward Evans a été vue par le beau-frère de 17 ans de Hindley, David Smith, le mari de sa sœur cadette. La famille Hindley n’avait pas approuvé le mariage de Maureen avec Smith, qui avait plusieurs fois condamnés, pour divers motifs dont blessures et cambriolage, la première condamnation, pour blessure avec intention d’en donner, a eu lieu quand il avait onze ans. Durant l’année qui venait de s’écouler, Brady avait cultivé une amitié avec Smith, qui était tombé “en admiration” de l’homme plu âgé, quelque chose qui a inquiété de plus en plus Hindley, puisqu’elle sentait qu’elle compromettait leur sécurité. Peu avant le meurtre de Evans, Brady lui avait annoncé que lui et Smith avaient l’intention de “retourner un pédé”.

Le soit du 6 octobre 1965, Hindley a conduit Brady à la Central Station de Manchester, où elle a attendu dehors dans la voiture tandis qu’il sélectionnait leur victime ; après quelques minutes, Brady est réapparu en compagnie de Edward Evans, auquel il a présenté Hindleycomme sa sœur. Après qu’ils soient revenus chez eux et se soient relaxés autour d’une bouteille de vin, Brady a envoyé Hindley chercher son beau-frère. Quand ils sont revenus à la maison, Hindley a dit à Smith d’attendre dehors pour son signal, une lampe clignotante. Quand le signal est venu, Smith a frappé à la porte et a été reçu par Brady, qui a demandé s’il venait pour les “bouteilles de vin miniatures”. Quelques minutes plus tard, Hindley, qui était partie dans la cuisine nourrir ses chiens, a entendu Brady se battre avec Evans et a vu Smith dans l’entrée. Elle lui a crié d’aller aider, et Smith est entré dans la pièce pour trouver Brady frapper à répétitions Evans avec le plat d’une hache. Il a regardé ensuite Brady étranglé Evans avec un morceau de cordon électrique. Le corps de Evans était trop lourd pour que Smith le porte dans la voiture seul – Brady s’était foulé la cheville dans la bataille – alors ils l’ont emballé dans du plastique et l’ont mis dans la chambre d’ami.

Smith a accepté de rencontrer Brady le lendemain soir pour de débarrasser du corps d’Evans, mais après être rentré chez lui, il a réveillé sa femme et lui a dit ce qu’il avait vu. Maureen lui a dit qu’il devait appelé la police. Trois heures plus tard, le couple a prudemment été dans une cabine téléphonique dans la rue sous leur appartement, Smith ayant pris la précaution de s’armer d’un tournevis et d’un couteau de cuisine pour se défendre au cas où Brady apparaissait brusquement et les confrontait. À 6h07 du matin, Smith a appelé la police de Hyde et a raconté son histoire à l’officier de service. Dans sa déclaration à la police, Smith a déclaré que :

[Brady] a ouvert la porte et il a dit d’une voix très forte pour lui [...] “Tu veux ces miniatures ?” J’ai fais oui de la tête et il m’a laissé entrer dans la cuisine [...] et il m’a donné trois bouteilles miniatures d’alcool et a dit : “Tu veux le reste ?” Quand je suis rentré dans la maison, la porte du salon [...] était fermée. [...] Ian est allé dans le salon et j’ai attendu dans la cuisine. J’ai attendu environ une minute ou deux quand j’ai entendu tout à coup un cri d’enfer ; il sonnait comme une femme, vraiment haut perché. Puis les cris ont continué, un après l’autre très fort. Puis j’ai entenduMyra hurlé, “Dave, aide le”, très fort. Quand j’ai courir, je suis juste resté planté là dans le salon et j’ai vu un jeune homme. Il était couché la tête et les épaules sur le canapé et ses jambes étaient par terre. Il faisait face au plafond. Ian était au dessus de lui, face à lui, avec ses jambes de chaque côté de celles du jeune gars. Le gars criait encore. [...] Ian avait une hachette dans la main [...] il la tenait au-dessus de sa tête et il a frappé le gars sur le côté gauche de sa tête avec la hachette. J’ai entendu le coup, c’était un terrible coup dur, il sonnait terrible”.

Tôt le matin du 7 octobre, peu après l’appel de Smith, le commissaire Bob Talbot de la Police du Cheshire est arrivé devant la porte de secours du 16 Wardle Brook Avenu, portant un tablier emprunté au pâtissier pour couvrir son uniforme. Talot s’est identifié àHindley comme officier de police quand elle a ouvert la porte, et lui a dit qu’il voulait parlait à son petit-ami. Hindley l’a emmené dans le salon, où Brady était assis dans un divan à écrire un mot pour son employeur lui expliquant qu’il ne pourrait venir travailler à cause de sa blessure à la cheville. Talbot a expliqué qu’il enquêtait sur “un acte de violence impliquant des armes” qui avait été reporté la veille au soir. Hindley a nié qu’il y avait eu de la violence, et a permis à la police de regarder dans la maison. Quand ils sont arrivés dans la chambre à l’étage dans laquelle se trouvait le corps d’Evans, la police a trouvé la porte fermée, et a demandé à Brady la clé. Hindley a déclaré que la clé était au travail, mais après que la police lui ai offert de l’emmener chez son employeur pour aller la chercher, Brady lui a dit de leur donner la clé. Quand ils sont retournés dans le salon, la police a dit à Brady qu’ils avaient découvert un corps ligotés, et qu’il était arrêté pour présomption de meurtre. Tandis que Brady s’habillait, il a dit “Eddie et moi, on s’est disputés et la situation a dégénéré”.

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Hindley n’a pas été arrêtée avec Brady, mais elle a demandé d’aller avec lui au commissariat, accompagnée de son chien Puppet, ce que la police a accepté. Hindley a été interrogée à propos des évènements qui ont entouré la mort d’Evans, mais elle a refusé de faire d’autre déclaration que c’était un accident. Comme la police n’avait aucune preuve que Hindley était impliquée dans le meurtre de Evans, elle a pu rentrer chez elle, à la condition qu’elle revienne le lendemain pour d’autres questions. Hindley est restée libre quatre jours après l’arrestation de Brady, durant ce temps, elle est allée chez son employeur demander à être renvoyée afin de pouvoir toucher les indemnités de licenciement. Dans le bureau où Brady travaillait, elle a trouvé des papiers qui appartenait à Brady dans une enveloppe qu’elle a déclaré ne pas avoir ouvert, qu’elle a brûlés dans un cendrier. Elle croyait que c’était des plans de braquages des banques, rien à voir avec les meurtres. Le 11 octobre, Hindley a été accusée de complice du meurtre de Edwards Evans et a été emprisonnée à Risley.

Brady a admis durant son interrogatoire par la police que lui et Evans s’étaient battus, mais a insisté sur le fait que lui et Smith avait tué Evans à deux ; Hindley, a-t-il dit, avait “seulement fait ce qu’on lui avait dit”. Smith a dit à la police que Brady et Hindley avaient dissimulé des preuves dans deux valises mises en consignes quelque part à Manchester. On a demandé à la police des transports britanniques de fouiller toutes les gares de Manchester, et le 15 octobre, a trouvé ce qu’ils recherchaient – la police a plus tard trouvé le ticket de consigne dans le missel de Hindley. À l’intérieur de l’une des deux valises se trouvaient neuf photos pornographiques d’une jeune fille, nue, une écharpe nouée sur la bouche, et 13 minutes d’enregistrement sonore de ses cris et de ses demandes d’aide. Ann Downey, la mère de Lesley Ann Downey, a plus tard écouté la cassette après que la police ait découvert le corps de sa fille de 10 ans disparue, et a confirmé que c’était la voix de sa fille.

La police a fouillé la maison sur la Wardle Brook Avenue et a également trouvé un vieux cahier d’exercices avec le nom “John Kilbride” inscrit dedans, ce qui les a fait soupçonné le fait que Brady et Hindley puissent être impliqués dans les disparitions non résolues d’autres jeunes. Un grand nombre de photos ont été découvertes dans la maison, dont de nombreuses qui semblent avoir été prises sur la Lande de Saddleworth. 150 officiers ont été appelés pour fouiller la lande, cherchant des lieux qui correspondaient aux photos. À l’origine, la recherche était concentrées le long de la A628 près de Woodhead, mais un voisin, Pat Hodges, 11 ans, avait été emmené à plusieurs reprises sur la lande par Brady etHindley et elle a pu repérer leurs sites préférés le long de la A635. Le 16 octobre, la police a trouvé un os de bras qui ressortait e la tourbe ; les officiers ont présumé qu’ils avaient trouvé le corps de John Kilbride, mais ont rapidement découvert que le corps était celui de Lesley Ann Downey. Ann Downey – plus tard Ann West après son mariage avec Alan West – avait été sur la lande à regarder la police conduire ses recherches, mais n’était pas présente quand le corps a été retrouvé. On lui a montré les vêtements trouvés dans la tombe, et les a identifiés comme appartement à sa fille disparue.

Les détectives ont pu situer un autre site de l’autre côté de la A635 de l’endroit où le corps de Downey a été découvert, et cinq jours plus tard, ils ont découvert le corps “très décomposé” de John Kilbride, qu’ils ont identifié à ses vêtements. Le même jour, déjà tenus en garde à vue pour le meurtre de Evans, Brady et Hindley sont apparus au tribunal de Hyde Magistrate pour être accusés du meurtre de Lesley Ann Downey. Chacun a été présenté à la cour séparément et sont restés en garde à vue pendant une semaine. Ils sont apparus pendant deux minutes le 28 octobre et sont également restés en garde à vue.

La recherche des corps a continué, mais avec l’hiver qui s’installait, elle a été arrêté en novembre. Quand on lui a présenté la preuve de l’enregistrement, Brady a admis avoir pris les photos de Lesley Ann Downey, mais a insisté que deux hommes l’avait amenée à Wardle Brook Avenue qui l’avaient reprise par la suite, vivante. Brady a été accusé du meurtre de John Kilbride, et Hindley du meurtre de Edward Evans le 2 décembre. À l’audience du 6 décembre, Brady a été accusé des meurtres de Edward Evans, John Kilbride et de Lesley Ann Downey, et Hindley des meurtres de Edward Evans et de Lesley Ann Downey, ainsi que d’avoir hébergé Brady en sachant qu’il avait tué John Kilbride. La déclaration d’ouverture de l’accusation a eu lieu devant la caméra, et la défense a demandé la même chose, mais on le lui a refusé. Les procédures ont continué devant trois magistrats de Hyde pendant 11 jours en décembre, à la fin de quoi le couple a été envoyé pour un jugement devant les assises de Chester.

De nombreuses photos prises par Brady et Hindley sur la lande présentaient le chien de Hindley, Puppet, encore chiot. Les détectives ont arrangé l’examen de l’animal par un chirurgien vétérinaire pour déterminer son âge, d’après quoi ils pourraient dater quand les photos ont été prises. L’examen impliquait une analyse des dents du chien, qui demandait une anesthésie générale dont Puppet ne s’est pas remis, puisqu’il souffrait d’une affection des reins non diagnostiquée. En entendant la nouvelle de la mort de son chien, Hindley est devenue furieuse, et a accusé la police d’avoir tué Puppet, l’une des rares occasions où les détectives ont vu une réponse émotive de sa part. Dans une lettre à sa mère peu après,Hindley a écrit :

J’ai l’impression qu’on a déchiré mon cœur en petits morceaux. Je ne pense pas que quelque chose puisse me blesser plus que ça. La seule consolation c’est qu’un crétin aurait pu attraper Puppet et le blesser.

Le procès s’est tenu pendant 14 jours à partir du 19 avril 1966 devant le juge Fenton Atkinson. L’intérêt public était tel que le tribunal a été pourvu d’écrans de sécurité pour protéger Brady et Hindley. Le couple a été accusé chacun de trois meurtres, ceux de Evans, Downey et de Kilbride, puisqu’il était considéré qu’il y avait alors assez de preuve pour impliquer Hindley dans la mort de Kilbride. L’accusation a été mené par le procureur général, Frederick Elwyn Jones. Brady a été défendu par le député libéral Emlyn Hooson, et Hindley a été défendue par Godfrey Heilpern, juge suppléant de Salford depuis 1964 – tous les deux avocats de la couronne expérimentés. David Smith était le principal témoin de l’accusation, mais durant le procès, il a été révélé qu’il avait passé un accord avec un journal qu’il refusait de nommer – même après d’intenses interrogatoires – lui garantissant 1000£ (équivalent à 10000£ de 2010) pour les droits d’agence de son histoire si Brady et Hindley étaient reconnus coupables, quelque chose que le juge a décrit comme une “interférence grossière du cours de la justice”. Smith avait déjà été en vacances à l’étranger et était logé dans un hôtel cinq étoiles pendant la durée du procès, tout aux frais du journal.

Brady et Hindley ont plaidé non coupables des accusations contre eux ; les deux ont été appelés à témoigner, Brady pendant plus de huit heures, et Hindley six. Bien que Brady ait admis avoir frappé Evans avec une hache, il n’a pas admis l’avoir tué, avançant que le pathologiste avait déclaré dans son rapport que la mort d’Evans avait été “accélérée par l’étranglement”. Après examen croisé du conseil d’accusation, tout ce que Brady admettait était que “j’ai frappé Evans avec la hache. S’il est mort de coups de hache, je l’ai tué”.Hindley niait toute connaissance que les photos de la Lande de Saddleworth retrouvées par la police avait été prises près des tombes de leurs victimes.

L’enregistrement de Lesley Ann Downey, sur lequel les voix de Brady et Hindley sont clairement audibles, a été passé dans la cour. Hindley a admis que son attitude envers l’enfant était “brusque et cruelle”, mais a déclaré que c’était juste parce qu’elle avait peur que quelqu’un entende les cris de Downey. Hindley a déclaré que quand Downey a été déshabillée elle était “en bas” ; quand les photos pornographiques ont été prises elle “regardait par la fenêtre” ; et quand l’enfant a été étranglée elle “faisait couler un bain”.

Le 6 mai, après avoir délibéré pendant un peu plus de deux heures, le juré a reconnu Brady coupable des trois meurtres et Hindley coupable des meurtres de Downey et Evans. Le Murder Act (Abolition de la Peine de Mort) venait de passer durant le moment où Brady et Hindley étaient retenus en prison, abolissant la peine de mort pour meurtre, et ainsi le juge a donné la seule sentence que la loi permettait : l’emprisonnement à perpétuité. Brady a été condamné à trois emprisonnement à vie simultanés et Hindley deux, plus sept ans d’emprisonnement pour avoir hébergé Brady sachant qu’il avait tué John Kilbride. Brady a été emmené à la prison de Durham et Hindley a été envoyée à la prison de Holloway.

Dans ses remarques de conclusion, le juge Atkinson a décrit les meurtres comme un “cas vraiment horrible” et a condamné les accusés comme “deux tueurs sadiques de la dépravation la plus haute”. Il a recommandé que Brady et Hindley restent “très longtemps” en prison avant de pouvoir penser à la liberté conditionnelle et n’a pas stipuler de tarif. Il a déclaré que Brady était “mauvais au delà de la croyance” et qu’il ne voyait aucune possibilité raisonnable de réforme. Il ne considérait pas que la même chose soit nécessairement vrai de Hindley cependant, “une fois retirée de l’influence [de Brady]”. Durant le procès, Brady et Hindley “sont restés fidèles à leur stratégie de mensonge”, etHindley a été décrite plus tard comme “un témoin calme, contrôlé et impassif qui mentait sans remord”.

En 1985, Brady aurait confessé à Fred Harrison, journaliste travaillant pour le Sunday People, qu’il était aussi responsable des meurtres de Pauline Reade et de Keith Bennett, quelque chose que la police suspectait déjà, étant donné que les deux enfants vivaient dans le même quartier que Brady et Hindley et avaient disparu à peu près au même moment que leurs autres victimes. Les articles de journaux subséquents ont poussé la police du Grand Manchester (GMP) à rouvrir le cas, dans une enquête menée par le commissaire Peter Topping, qui venait d’être nommé chef de la PJ de la GMP l’année précédente.

Le 3 juillet 1985, Topping a rendu visite à Brady, alors retenu prisonnier à Gartree, mais l’a trouvé “méprisant de toute suggestion qu’il ait pu confessé d’autres meurtres”. La police a néanmoins décider de reprendre sa fouille de la Lande de Saddleworth, utilisant encore une fois les photos prises par Brady et Hindley pour les aider à identifier de possible tombes. Pendant ce temps, en novembre 1986, Winnie Johnson, la mère de Keith Bennett, a écrit une lettre à Hindley qui demandait de savoir ce qui était arrivé à son fils, lettre qui semble avoir “véritablement ému” Hindley. Elle se finissait pas :

Je suis une simple femme. Je travaille dans les cuisines de l’hôpital Christie. Cela m’a pris cinq semaines de travail pour écrire cette lettre parce qu’il est très important pour moi que vous comprenez ce que c’est, une demande d’aide. S’il vous plaît, Mlle Hindley, aidez moi.

La police a rendu visite à Hindley, alors retenue à Cookham Wood, quelques jours après avoir recu la lettre, et bien qu’elle ait refusé d’admettre toute implication dans les meurtres, elle a accepté d’aider en regardant des photos et des cartes pour essayer d’identifier des lieux qu’elle avait visités avec Brady. Elle  a montré un intérêt particulier pour des photos de la zone qui entoure Hollin Brown Knoll et shiny Brook, mais a dit qu’il était impossible d’être sûr des lieux sans visiter la lande. Les considérations de sécurité pour une telle visite étaient importantes ; il y avait des menaces faites contre elle si elle venait à se rendre sur la lande, mais le ministre de l’intérieur Douglas Hurd s’est accordé avec Topping que le risque en valait la peine. Écrivant en 1989, Topping a dit qu’il se sentait “assez cynique” à propos de la motivation de Hindley à aider la police. Bien que la lettre de Winnie Johnson ait pu avoir joué un rôle, il croyait que le véritable soucis de Hindley était que, connaissant l’état mental “précaire” de Brady, elle avait peur qu’il pourrait décider de co-opérer avec la police, et voulait s’assurer qu’elle, et non Brady, était celle qui gagnait le bénéfice qui pourrait y avoir en termes d’approbation publique.

Hindley a fait l’une de ses deux visites pour aider la fouille de la police de la Lande de Saddleworth le 16 décembre 1986. Quatre voitures de police ont quitté Cookham Wood à 4h30. À peu près à la même heure, la police a fermé toutes les routes qui menaient à la lande, qui était patrouillée par 200 officiers, dont 40 étaient armés. Hindley et son avocat sont arrivés par hélicoptères qui avait décollé d’un aérodrome près de Maidstone, atterrissant à 8h30. Vêtue d’une grosse veste et d’un passe-montagne, elle a été conduite, et accompagnée à pieds dans la zone. Il était difficile pour Hindley de faire un lien entre ses souvenirs de la zone et ce qu’elle a vu ce jour-là, et les hélicoptères qui volaient en rond au dessus d’elle la rendaient nerveuse. À 15h, elle a été ramenée à l’hélicoptère, et ramenée à Cookham Wood. Topping a été critiqué par la presse, qui a décrit la visite comme un “fiasco”, un “truc publicitaire”, et un “gâchis stupide d’argent”. Il a été forcé à défendre la visite, soulignant ses avantages :

Nous étions d’avis que nous avions besoin d’une fouille soigneuse systématique de la lande [...] Cela n’aurait jamais été possible de faire une telle recherche en privé.

Topping a continuer à rendre visite à Hindley en prison, avec son avocat Michael Fisher et son conseiller spirituel, le Révérend Peter Timms, qui avait été directeur de prison avant de démissionner pour rejoindre l’Église Méthodiste. Elle a fait une confession formelle à la police le 10 février 1987, admettant son implication dans les cinq meurtres, mais la nouvelle de sa confession n’a pas été rendue publique pendant plus qu’un mois. L’enregistrement de sa déclaration durait plus de 17 heures ; Topping l’a décrite comme une “performance très bien arrangée dans laquelle, je crois, elle m’a dit autant qu’elle voulait que je sache, et pas plus”. Il a également commenté sur le fait qu’il “était frappé par le fait qu’elle n’était jamais là où les meurtres ont eu lieu. Elle était dans la voiture, sur le sommet de la colline, dans la salle de bain et même, dans le cas du meurtre de Evans, dans la cuisine”. Topping a conclu qu’il sentait avoir “vu une grande performance plutôt qu’une réelle confession”.

La police a rendu visite à Brady encore une fois et lui a parlé de la confession de Hindley, qu’il a refusé de croire au début. Une fois qu’on lui a présenté certains détails que Hindleyavait fournis de l’enlèvement de Pauline Reade, cependant, Brady a décidé que lui aussi était prêt à se confesser, mais à une condition : que immédiatement après on lui donne les moyens de se suicider, requête à laquelle il était impossible pour les autorités d’y accéder.

À peu près au même moment, Winnie Johnson a envoyé à Hindley une autre lettre, lui demandait encore une fois son aide à la police pour trouver le corps de son fils Keith. Dans la lettre, Johnson montrait de la sympathie pour Hindley à propos de la critique qui a entouré sa première visite. Hindley, qui n’avait pas répondu à la première lettre, a répondu en remerciant Johnson des deux lettres, expliquant que sa décision de ne pas répondre à la première résultait de la publicité négative qui l’avait entourée. Elle déclarait que, si Johnson lui avait écrit 14 ans plus tôt, elle aurait confessé et aidé la police. Elle a également rendu hommage à Topping, et remercier Johnson pour sa sincérité. Hindley a fait sa deuxième visite de la lande en mars 1987. Cette fois, le niveau de sécurité qui a entouré sa visite était considérablement plus élevé. Elle a dormi à Manchester, dans l’appartement du chef de la police en charge de la formation de la GMP à Sedgley Park, et s’est rendue deux fois sur la lande. Elle a confirmé à la police que les deux zones sur lesquelles ils concentraient leur recherche – Hollin Brown Knoll et Hoe Grain – étaient correctes, bien qu’elle était incapable de situer de tombes. Elle s’est rappelé plus tard, cependant, que tandis que Pauline Reade était enterrée, elle était assise près d’elle sur de l’herbe et pouvait voir les rochers de Hollin Brown Knoll en silhouette sur le ciel nocturne.

En avril 1987, la nouvelle de la confession de Hindley a été rendue publique. Parmi un fort intérêt médiatique, Lord Longford a plaidé pour sa libération, écrivant que sa détention continue pour satisfaire “l’émotion de la foule” n’était pas correcte. Fisher a persuadéHindley d’émettre une déclaration publique, dans laquelle elle a expliqué ses raisons pour avoir nié sa complicité dans les meurtres, ses expériences religieuse en prison, la lettre de Johnson, et qu’elle ne voyait aucune possibilité de liberté. Elle a également innocenté David Smith d’avoir participé aux meurtres, excepté celui de Edward Evans.

Durant les mois qui ont suivi, l’intérêt pour la recherche a baissé, mais l’indice de Hindleyavait dirigé la police à concentrer ses efforts sur une zone spécifique. L’après-midi du 1er juillet 1987, après plus de 100 jours de recherche, ils ont trouvé un corps dans une tombe peu profonde à 90 cm en dessous de la surface, à seulement 90 mètres de l’endroit où Lesley Ann Downey avait été retrouvée. Brady co-opéré avec la police depuis un moment, et quand il a appris la nouvelle que le corps de Reade avait été découverte, il a fait une confession formelle à Topping. Il a également fait une déclaration à la presse, via son avocat, disant que lui aussi était prêt à aider la police dans leur recherche. Brady a été emmené sur la lande le 3 juillet, mais il semblait être désorienté, déclarant que des changements avaient eu lieu dans les années qui se sont écoulées, et la recherche a été interrompue à 15h, quand un grand nombre de reporters de la presse et de la télévision s’étaient rassemblés sur la lande.

Topping a refusé une seconde visite des landes à Brady, et quelques jours après sa visite, Brady a écrit une lettre au reporter de la BBC Peter Gould, donnant des détails sommaires de cinq autres meurtres qu’il déclarait avoir perpétués. Brady a refusé d’identifier ses soi-disant victimes, cependant, et la police n’a pas réussi à trouver de crimes non résolus qui correspondaient aux quelques détails qu’il avait donnés. Hindley a dit à Topping qu’elle ne savait rien de ses meurtres.

Le 24 août 1987, la police a arrête sa fouille de la Lande de Saddleworth, malgré ne pas avoir trouvé le corps de Keith Bennett. Brady a été emmené sur la lande une seconde fois le 1er décembre, mais il a été encore une fois incapable de situer la tombe. La corps de Keith Bennett demeure non découverte en 2010, bien que sa famille continue à fouiller la lande, plus de 40 ans après sa disparition.

Bien que Brady et Hindley avait confessé les meurtres de Pauline Reade et de Keith Bennett, le département du procureur général (DPP) a décidé qu’on ne pouvait rien gagné via un autre procès ; étant donné que les deux étaient condamnés à vie, aucune autre punition ne pouvait être infligée, et un second procès pourrait même aider le cas deHindley vers la liberté conditionnelle en lui donnant une plateforme sur laquelle faire une confession publique.

En 2003, la police a lancé l’Opération Maida, et a encore une fois fouillé la lande à la recherche du corps de Keith Bennett. Ils ont lu des déclarations de Brady et Hindley, et ont également étudié des photos prises par le couple. Leur fouille a été aidée par l’utilisation d’équipement moderne sophistiqué, dont un satellite américain utilisé pour des recherches de mouvement de sol. La BBC a rapporté le 1er juillet 2009 cependant que la police du Grand Manchester avait officiellement abandonné la recherche de Keith Bennett, disant que “seul une poussée scientifique majeure ou des nouvelles preuves verrait la recherche de son corps reprendre”. Les détectives auraient également dit qu’ils ne redonneraient plus jamais à Brady l’attention ou la sensation de mener une autre fouille vaine de la lande à l’endroit où ils croyaient que les restes de Keith Bennett étaient enterrés. Les dons d’anonymes ont financé une fouille de la lande à la recherche du corps de Bennett par des volontaires d’une équipe galloise qui a commencé en mars 2010.

Ian Brady est né à Glasgow sous le nom de Ian Duncan Stewart le 2 janvier 1938 de Maggie Stewart, serveur de salon de thé de 28 ans non mariée. L’identité du père de Brady n’a jamais été établie de source sûre, bien que sa mère déclarait que c’était un reporter travaillant pour un journal de Glasgow, décédé trois mois avant la naissance de Brady. Stewart n’avait pas beaucoup d’argent, et après quelques mois a été forcée de donner son fils aux soins de Mary et John Sloan, couple local qui avait quatre enfants. Brady a pris leur nom, et est devenu connu sous le nom de Ian Sloan. Sa mère a continué à lui rendre visite durant son enfance. Enfant, il prenait plaisir à torturer les animaux ; il a cassé les pattes arrières d’un chien, enflammé un autre et décapité un chat. À 9 ans, Brady a visité Loch Lomond avec sa famille, où il aurait découvert une affinité avec le grand air, et quelques mois plus tard, la famille s’est installée dans une nouvelle maison HLM sur un terrain satellite à Pollock. Il a été accepté à la Shawlands Academy, école pour écoliers surdoués. Tandis qu’il grandissait, la “brutalité de Brady a escaladé”, et rapidement, il blessait des enfants plus petits que lui. À Shawlands, son comportement s’est agravé ; adolescent, il est apparu deux fois devant une cour juvénile pour cambriolage. Il a quitté l’académie à 15 ans, et a pris un emploi de préposé au thé dans un chantier naval de Harland et Wolff à govan. Neuf mois plus tard, il a commencé à travailler comme garçon de courses d’un boucher. Il avait une petite amie, Evelyn Grant, mais leur relation s’est terminée quand il l’a menacée avec un couteau à cran d’arrêt quand elle est allée à un bal avec un autre garçon. Il est encore une fois apparu devant la cour, cette fois avec neuf chefs d’accusation contre lui, et peu avant son 17ème anniversaire, une cour écossaise l’a mis en liberté surveillée à la condition qu’il aille vivre avec sa mère, qui s’était alors installée à Manchester et avait épousé un marchand de fruits irlandaise nommé Pat Brady, qui lui a trouvé un travail de porteur de fruits au Smithfield Market.

Moins d’un an après s’être installé à Manchester, Brady a été appréhendé avec un sac de sceaux de plomb qu’il avait volé et qu’il essayait de faire sortir du marché en contrebande. Comme il avait moins de 18 ans, il a été condamné à deux ans dans une maison de redressement pour subir une “formation”. On l’a envoyé à l’origine à Hatfield, mais après avoir été découvert soul à l’alcool qu’il avait brassé, il a été déplacé dans l’unité plus dure de Hull. Relâché le 14 novembre 1957, Brady est retourné à Manchester, où il a pris un travail d’ouvrier, qu’il détestait, et a été renvoyé d’un autre travail dans une brasserie. Décidant de “s’améliorer”, Brady a obtenu des manuels d’instruction à la comptabilité d’une bibliothèque publique locale, avec lesquels il a “étonné” ses parents en étudiant seul dans sa chambre pendant des heures. Au début de l’année 1959, juste trois mois après avoir été relâché de la maison de redressement, Brady a postulé pour un emploi de bureau à Millwards Merchandising, compagnie de distribution chimique en gros basée à Gorton. Il était considéré par ses collègues comme un jeune homme calme, ponctuel mais soupe au lait. Il lisait des livres comme L’allemand pour les autodidactes et Mein Kampf, ainsi que des œuvres sur les atrocités nazies. Il conduisait un moto Tiger Club, qu’il a prise pour visiter les Pennines.

Myra Hindley (née le 23 juillet 1942) a été élevé à Gorton, alors quartier ouvrier de Manchester, fille de Nellie et Bob Hindley. Sa mère et son père alcoolique l’ont fréquemment battue enfant. La petite maison dans laquelle vivait la famille était dans un tel état que Hindley et ses parents devaient dormir dans la seule chambre disponible, elle dans un lit simple à côté du double de ses parents. Les conditions de vie de la famille se sont encore plus détériorées quand la sœur de Hindley, Maureen, est née en 1946. Peu après la naissance, Hindley, alors âgée de 5 ans, a été envoyée par ses parents vivre avec sa grand-mère, qui ne vivait pas loin.

Le père de Hindley avait combattu en Afrique du Nord, à Chypre et en Italie durant la seconde guerre mondiale, et avait servi dans les parachutistes. Il était connu dans l’armée comme un “homme dur” et il attendait que sa fille soit tout aussi dure ; il lui appris à se battre, et il a insisté pour qu’elle “ne se laisse pas faire”. À 8 ans, un garçon du coin s’est approché de Hindley dans la rue et lui a griffé les deux joues, la faisant saigner. Elle a éclaté en larmes et a couru chez ses parents, où son père lui a demandé “d’aller lui donner un coup de poing, sinon je te tanne le cuir !”. Hindley a retrouvé le garçon et a réussi à le mettre à terre avec plusieurs coups de poing, comme son père lui avait appris. Comme elle a écrit plus tard, “à huit ans, j’ai eu ma première victoire”.

Malcolm MacCulloch, professeur de psychiatrie médicolégale de l’université de Cardiff, avait suggéré que la bagarre, et le rôle qu’y a joué le père de Hindley dedans, peuvent être des “pièces maîtresses de preuve” pour essayer de comprendre le rôle de Hindley dans les meurtres des landes :

La relation avec son père l’a brutalisée [...] Elle était non seulement habituée à la violence chez elle mais récompensée pour dehors. Quand cela arrive jeune, cela peut déformer la réaction d’une personne dans de telles situations à vie.

L’un de ses amis les plus proches était Michael Higgins, 13 ans, qui vivait dans une rue proche. En juin 1957, il l’a invitée à aller nager avec des amis dans un réservoir désaffecté. Bonne nageuse, Hindley a choisi de ne pas y aller et est sortie avec une amie, Pat Jepson, à la place. Higgins s’est noyé dans le réservoir, et en apprenant cela, Hindley a été profondément touchée, et s’est rendue responsable de sa mort. Elle a fait une quête pour une couronne funéraire, et ses funérailles – qui ont eu lieu dans l’église où Hindley a été baptisée catholique le 16 août 1942 – ont eu un effet durable sur elle. La mère de Hindleyn’a accepté à l’insistance de son père qu’elle soit baptisée catholique à la condition qu’elle ne soit pas envoyée dans un école catholique, étant donné que sa mère croyait que “tout ce que les moines enseignaient était le catéchisme”. Hindley a été de plus en plus attirée par l’Église catholique après elle ait commencé au Ryder Brown Secondary Modern, et a commencé à aller au catéchisme pour rentrer dans l’Église peu après l’enterrement de Higgins. Elle a pris le nom de confirmation Veronica, et a reçu sa première communion en novembre 1958. Elle est aussi devenue la marraine du neveu de Michael, Anthony John. C’est également à ce moment que Hindley a commencé à se peroxyder les cheveux.

Le premier travail de Hindley était en tant employée dans une société d’électrotechnique locale. Elle faisait des courses, faisait du thé, et tapait à la machine. Elle était bien aimée dans l’entreprise, assez pour que lorsqu’elle a perdu sa paie de la première semaine, les autres filles ont fait une quête pour la remplacer. Elle a eu une courte relation avec Ronnie Sinclair dès Noël 1958, et se sont fiancés à l’âge de 17 ans. Les fiançailles ont été rompues plusieurs mois plus tard ; Hindley trouvait apparemment Sinclair immature, et incapable de lui fournir la vie qu’elle imaginait pour elle.

Peu après son 17ème anniversaire, elle a changé sa couleur de cheveux. Elle a pris des leçons de judo une fois par semaine dans une école locale, mais a trouvé que ses partenaires ne voulaient pas s’entraîner avec elle, puisqu’elle était lente à relâcher sa prise. Elle a trouvé un travail à Bratby et Hinchliffe, entreprise technique de Gorton, mais a été renvoyée pour absentéisme au bout de six mois.

En 1961, Myra Hindley a rejoint à 18 ans Millwards en tant que secrétaire. Elle s’est rapidement entichée de Brady, malgré avoir appris qu’il avait un casier judiciaire. Elle a commencé à tenir un journal et, bien qu’elle a eu des rendez vous avec d’autres hommes, certaines entrées détaillent sa fascination pour Brady, à qui elle a finit par parler pour la première fois le 27 juillet 1961. Durant les mois qui ont suivi, elle a continué à écrire, et s’est désillusionnée pour lui, jusqu’au 22 décembre où Brady lui a demandé de sortir avec lui au cinéma, où ils ont regardé un film sur le procès de Nuremberg. Leurs rendez vous suivaient un modèle régulier ; cinéma, habituellement un film d’adulte, et puis retour chezHindley pour boire du vin allemand. Brady lui a alors donné de la lecture, et le couple passait leur repas au travail à se lire à voix haute des récits sur les atrocités nazies. Hindleya commencé à émuler un idéal de perfection aryenne, peroxydant ses cheveux en blond et appliquant du rouge à lèvres cramoisi épais. Elle a exprimé des inquiétudes pour certains aspects du caractère de Brady ; dans une lettre à une amie d’enfance, elle a mentionné un incident où elle avait été droguée par Brady, mais a aussi écrit sur son obsession pour lui. Quelques mois plus tard, cependant, elle a demandé à son amie de détruire la lettre. Dans sa demande de 30 000 mots de liberté conditionnelle, écrite en 1978 et 1979 et soumise au ministre de l’intérieur Merlyn Rees, Hindley a dit :

En quelques mois il [Brady] m’avait convaincue qu’il n’y avait pas de Dieu du tout : il aurait pu me dire que la Terre était plate, la lune faite de bleu et que le soleil se levait à l’Ouest, je l’aurais cru, tel était son pouvoir de persuasion.

Hindley a commencé à changer encore plus son look, portant des vêtement considérés risqués tels que des grandes bottes, des mini jupes et des vestes en cuir, et les deux sont devenus moins sociables avec leurs collègues. Le couple étaient des réguliers à la bibliothèque, empruntant des livres sur la philosophie, ainsi que sur le crime et la torture. Ils lisaient aussi des œuvres du Marquis de Sade et Crime et châtiment de Fedor Dostoïevski. Bien qu’elle n’avait pas le droit (elle a eu son permis de conduire la troisième fois, fin 1963), Hindley louait souvent un van, dans lequel les deux projetaient des braquages de banques. Hindley est devenue amie avec George Clitheroe, président du Cheadle Rifle Club, et à plusieurs occasions est allée dans deux stands de tir locaux. Clitheroe, bien que perplexe de son intérêt, a arrangé pour elle l’achat d’un fusil 22mm d’un armurier de Manchester. Elle a également demandé à rejoindre un club de pistolet, mais elle tirait mal et était apparemment souvent colérique, alors clitheroe lui a dit qu’elle n’avait pas le profil ; elle a, cependant, réussi à acheter un Webley 45 mm et un Smith and Wesson 38 mm d’autres membres du club. Les projets de braquage de Brady et Hindleyn’ont abouti à rien, mais ils se sont intéressés à la photographie. Brady possédait déjà un Box Brownie, qu’il avait utilisé pour prendre des photos de Hindley et son chien, Puppet, mais il est passé à un modèle plus sophistiqué, et a aussi acheté des lumières et du matériel de chambre noire. Le couple a des photos de chacun qui, pour l’époque, auraient été considérées comme explicites. Pour Hindley, cela démontrait un changement marqué de sa nature d’avant plus timide.

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Hindley déclarait que Brad a commencé à parler de “commettre le meurtre parfait” en juillet 1963, et lui parlait souvent du roman de Meyer Levin, Compulsion, publié en 1956. Le roman, récit fictif de l’affaire Leopold et Loeb, raconte l’histoire de deux jeunes hommes de familles aisés, qui tentent de perpétuer le meurtre d’un garçon de 12 ans, et qui échappent à la peine de mort à cause de leur âge.

En juin 1963, Brady s’était installé avec Hindley chez sa grand-mère à Bannock Street, et le 12 juillet 1963, les deux ont tué leur première victime, Pauline Reade, 16 ans. Reade était allée à l’école avec la sœur cadette de Hindley, Maureen, et était aussi sortie brièvement avec David Smith, garçon du coin avec trois condamnations pour des crimes mineurs. La police ne trouvait personne qui avait vu Reade avant qu’elle ne disparaisse, et a tourné ses soupçons vers Smith, 15 ans, même s’il a été lavé de toute implication dans sa mort. Leur prochaine victime, John Kilbride, a été tué le 23 novembre 1963. Une grande recherche a été entreprise, avec plus de 700 déclarations prises, et 500 posters “disparu” imprimés. Huit jours après qu’il ne soit pas retourné chez lui, 2000 volontaires ont parcouru les terrains vagues et les bâtiments abandonnés.

Hindley a loué un véhicule une semaine après que Kilbride ait disparu, et encore une fois le 21 décembre 1963 ; apparemment pour s’assurer que les tombes n’avaient pas été dérangées. En février 1964, elle a acheté une Austin Traveller d’occasion, mais l’a rapidement échangée pour un Mini van. Le 16 juin 1964, Keith Bennett, 12 ans, a disparu. Son beau-père, Jimmy Johnson, est devenu suspect ; durant les deux ans qui ont suivi la disparition de Bennett, Johnson a été questionné quatre fois. Les détectives ont cherché sous le paquet de la maison des Johnson, et en découvrant que toutes les maisons étaient connectées, ont étendu la recherche à toute la rue.

Maureen Hindley a épousé David Smith le 15 août 1964. Le mariage a été arrangé à la hâte et n’a eu lieu qu’à la mairie, mais aucun proche de Hindley n’est venu ; Myran’approuvait pas le mariage, et sa mère était trop embarrassée – Maureen était enceinte de sept mois. Les nouveaux mariés se sont installés dans la maison du père de Smith. Le lendemain, Brady a suggéré que les quatre aillent au Lake Windermere. C’était la première fois que Brady et Smith se rencontraient vraiment, et Brady était apparemment impressionné par le comportement de Smith. Les deux ont parlé de la société, de la distribution de la richesse et de la possibilité d’un braquage de banque. Le jeune Smith était tout autant impressionné par Brady, qui durant la journée avait payé pour sa nourriture et son vin. Le voyage dans le Lake District a été le premier de nombreux. Hindley était apparemment jalouse de leur relation, mais s’est rapprochée de sa sœur.

En 1964, Hindley, sa grand-mère et Brady ont été relogés dans le cadre de l’aménagement des quartiers insalubres d’après guerre de Manchester, vers le 16 Wardle Brook Avenue dans le terrain satellite de Hattersley. Brady et Hindley sont devenus amis avec Patricia Hodges, une fille de 11 ans qui vivait au 12 Wardle Brook Avenue. Hodges a accompagné les deux durant leurs voyages dans la Lande de Saddleworth pour récupérer de la tourbe, quelque chose que de nombreux locataires faisaient pour améliorer la terre de leurs jardins, qui étaient pleins de glaise et de gravats des maçons. Elle est demeurée indemne ; vivant à quelques portes, sa disparition aurait été facilement résolue.

Tôt le matin du 26 décembre 1964, Hindley a laissé sa grand-mère chez des parents et a refusé qu’elle revienne à la maison de la Wardle Brook Avenue ce soir-là. Le même jour, Lesley Ann Downey, 10 ans, a disparu d’une fête foraine de Ancoats. Malgré une grande recherche, elle n’a pas été retrouvée. Le lendemain, Hindley a ramené sa grand-mère chez elle. En février 1965, Patricia Hodges avait arrêté au 16 Wardle Broook Avenue, mais David Smith était encore un visiteur régulier. Brady a donné à Smith des livres à lire, et les deux parlaient de vol et de meurtre. Le jour du 23ème anniversaire deHindley, sa sœur et son beau-frère, qui vivaient  avec des proches, ont été relogés à Underwood Court, à quelques pâtés de maison de Wardle Brook Avenue. Les deux couples ont commencé à se voir plus régulièrement, mais habituellement selon les termes de Brady.

Durant les années 1990, Hindley a déclaré qu’elle n’avait participé aux meurtres que parce que Brady l’avait drogué, la faisait chanter avec des photos pornos qu’il avait prises d’elle et a menacé de tuer sa sœur cadette, Maureen. Dans une série documentaire de 2008 sur les tueuses en série diffusée sur ITV3, l’avocat de Hindley, Andrew McCooey, a rapporté ce qu’elle lui avait dit :

J’aurais dû être pendue. Je le méritais. Mon crime était pire que celui de Brady parce que j’attirais les enfants et ils ne seraient pas entrés dans la voiture sans mon rôle [...] Je me suis toujours considérée comme pire que Brady.

Après sa condamnation, Brady a été emmené à la prison de Durham, où il a demandé de vivre dans un confinement solitaire. Il a passé 19 ans dans des prisons standards avant d’être déclaré psychopathe en novembre 1985 et d’être envoyé dans l’hôpital psychiatrique de haute sécurité de Ashworth ; il a depuis clairement dit qu’il ne veut jamais être relâché. Le juge a recommandé que sa condamnation à vie voulait vraiment dire la vie, et les ministres de l’intérieur successifs sont d’accord avec cette décision. En 1982, le juge Lane a dit de Brady : “c’est le cas, s’il n’y en avait qu’un, où un homme devrait rester en prison jusqu’à sa mort”.

En contraste de la croyance commune que les tueurs en série continuent souvent leurs crimes jusqu’à ce qu’ils soient appréhendés, Brady a déclaré en 2005 que les meurtres de la Lande étaient “simplement un exercice existentiel d’un pu plus d’un an, qui s’est conclu en décembre 1964”. À l’époque, a-t-il déclaré, lui et Hindley avaient tourné leur attention aux braquages à main armée, pour quoi ils avaient commencé à acquérir des armes et des véhicules. En 2001, Brady a écrit un livre intitulé The Gates Of Janus, qui a été publié par la maison d’édition américaine underground Feral House. Le livre, l’analyse de Brady de meurtres en série et de tueurs en série spécifiques, a déclenché de l’outrage quand il a été annoncé en Grande Bretagne.

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Winnie Johnson, la mère de la victime non découverte, Keith Bennett, 12 ans, a reçu une letttre de Brady à la fin de l’année 2005 dans laquelle, selon elle, il déclarait qu’il pouvait emmener la police à 18 mètres du corps de son fils mais les autorités ne lui permettaient pas. Cependant, Brady ne se référait pas directement à Keith par son nom et ne déclarait pas pouvoir emmener les enquêteurs directement à la tombe, mais parlait de la “ clarté” de ses souvenirs. Au début de l’année 2006, les autorités de la prison ont interceptés un paquet adressé à Brady de la part d’une amie, contenant 50 pilules de paracétamol, dose potentiellement fatale, dissimulée dans un livre policier évidé.

Le décès, en novembre 2007, de John Straffen, qui a passé 55 ans en prison pour un triple meurtre d’enfants, veut dire que Brady est devenu le prisonnier de plus longue date enAngleterre et au Pays de Galles. En 2010, il reste incarcéré à Ashworth. Après que Brady ait commencé une grève de la faim en 1999, il a été nourri de force, est tombé malade, et a été transféré dans un autre hôpital pour être examiner. Il s’en est remis, et en mars 2000, a demandé un examen de la décision de le nourrir de force, mais on lui a refusé la permission.

Myra a la tumeur fatale au cerveau, tandis que moi je dois simplement me battre pour mourir. J’en ai marre. Je ne veux rien, mon objectif est de mourir et de me sortir de là une fois pour toute. Alors vous voyez, ma grève de la faim est rationnelle et pragmatique. Je suis désolée de ne pas l’avoir commencée il y a des décennies, et je suis pressé de quitter de cloaque dans un cercueil.

Immédiatement après le procès, Hindley a déposé un appel sans succès contre sa condamnation. Brady et Hindley ont correspondu par lettres jusqu’en 1971, quand elle a mis un terme à leur relation. Les deux sont restés en contact sporadique pendant plusieurs mois, mais Hindley avait rencontré et était tombée amoureuse de l’une de ses officiers de prison, Patricia Cairns. Une ancienne directrice adjointe de prison déclarait que de telles relations n’étaient pas inhabituelles à Holloway à l’époque, comme “de nombreuses officiers étaient gay, et impliquées dans des relations soit entre elles ou avec des détenues”.Hindley a fait une pétition à succès pour avoir son statut de prisonnière de catégorie A en catégorie B, ce qui a permis à la directrice Dorothy Wing de l’emmener en promenade dans Hampstead Heath, dans le cadre de sa politique officieuse de réintroduire ses condamnations dans le monde extérieur quand elle se sentait prête. L’excursion a causé un fureur dans la presse nationale et a gagné à Wing une réprimande officielle du ministre de l’intérieur de l’époque, Robert Carr. Avec l’aide de Cairns et des contacts extérieurs d’une autre prisonnière, Maxine Croft, Hindley a projeté une évasion, mais elle a été contrecarrée quand des impressions des clés de prison ont été interceptées par un policier en civil. Cairns a été condamnée à six ans de prison pour son rôle dans le complot. En prison, Hindley a écrit son autobiographie, qui reste non publiée.

On a dit à Hindley qu’elle passerait 25 ans en prison avant de pouvoir demander la liberté conditonnelle. Le juge a été d’accord avec cette recommandation en 1982, mais en janvier 1985, le ministre de l’intérieur Leon Brittan a étendu sa peine à 30 ans. À cette époque,Hindley déclarait être une catholique reformée. Ann West, la mère de Lesley Ann Downey, était au centre d’une campagne pour s’assurer que Hindley ne soit jamais relâchée de prison, et jusqu’à la mort de West en février 1999, elle a régulièrement donné des interviews à la télévision et dans des journaux à chaque fois qu’il y avait des rumeurs de sortie de Hindley.

En 1990, le ministre de l’intérieur de l’époque, David Waddington, a imposé une peine à perpétuité à Hindley, après qu’elle ait confessé avoir eu une plus grande implication dans les meurtres qu’elle ne l’avait admis précédemment. Hindley n’a pas été informée de la décision avant 1994, quand une loi des juges qui siègent à la Chambre des Lords a obligé les services de prison à informer tous les prisonniers à perpétuité de la période minimum qu’ils doivent servir avant de pouvoir demander la liberté conditionnelle. En 1997, le bureau de la liberté conditionnelle a déclaré que Hindley était un risque mineur et devrait être déplacée dans une prison ouverte. Elle a rejeté l’idée et a été déplacée dans une prison de sécurité moyenne, cependant la loi de la Chambre des Lords a laissé ouverte la possibilité de liberté subséquente. Entre décembre 1997 et mars 2000, Hindley a fait trois appels séparés contre la peine à perpétuité, déclarant qu’elle était une femme réformée et plus un danger pour la société, mais chacun a été rejeté par les tribunaux.

Quand en 2002, un autre prisonnier à vie a défié le pouvoir du ministre de l’intérieur à fixer les peines minimums, Hindley et des centaines d’autres, dont les peines avaient été augmentées par les hommes politiques, semblaient proches de la sortie. La sortie deHindley semblait imminente et des projets ont été préparés par des supporters pour lui donner une nouvelle identité. Lord Longford, catholiqué dévoué, a fait compagne pour sécuriser la sortie de criminels “célébrés”, et Myra Hindley en particulier, ce qui lui a gagné de la dérision constante de la part du public et de la presse. Il a décrit Hindley comme une personne “délicieuse” et a dit “vous pouvez mépriser ce que les personnes ont fait mais vous ne devriez pas mépriser ce qu’ils étaient parce que la personnalité humaine était sacrée même si le comportement humain était très souvent repoussant”. Le ministre de l’intérieur David Blunkett a ordonné à la police du grand Manchester de trouver de nouvelles charges contre elle, pour éviter qu’elle sorte de prison. L’enquête a été menée par le commissaire Tony Brett, et cherchait à l’origine à condamner Hindley pour les meurtres de Pauline Reade et de Keith Bennett, mais le conseil donné par les avocats du gouvernement était que, à cause de la décision de la DPP prise 15 ans auparavant, un nouvel jugement serait probablement considéré comme un abus de procédure.

David Smith a été “insulté par les gens de Manchester”, malgré avoir contribué à la condamnation de Brady et Hindley. Tandis que sa sœur était jugée, Maureen – enceinte de huit mois – a été attaquée dans l’ascenseur de l’immeuble dans lequel elle et David vivaient. Leur maison a été vandalisée, et des lettres de haine étaient régulièrement postées dans leur boîte aux lettres. Maureen avait peur pour ses enfants : “Je ne pouvais laisser mes enfants hors de ma vue quand ils étaient petits. Ils étaient trop jeunes pour leur dire pourquoi ils devaient rester à la maison, pour leur expliquer pourquoi ils ne pouvaient pas jouer dehors comme les autres enfants”.

Après avoir donné un coup de couteau à un homme durant une bagarre, dans une attaque qu’il a déclarée avoir été déclenchée par les abus dont il a souffert depuis le jugement, Smith a été condamné à trois ans de prison en 1969. La même année, Maureen a demandé à pouvoir donner ses enfants aux services sociaux ; elle a déménagé de Underwood Court dans un studio, et a trouvé du travail dans un magasin. Sujette aux campagnes de chuchotements et de pétitions pour la retirer de là où elle vivait, elle n’a reçu aucun soutien de sa famille – sa mère avait soutenu Myra durant le jugement. Son père a quitté la maison quand il a découvert que sa femme avait une liaison avec un autre homme, qu’elle a épousé par la suite. À sa sortie de prison, David Smith s’est installé avec la fille qui est devenue sa seconde épouse, et a gagné la garde de ses trois fils. Maureen a réussi à réparer sa relation avec sa mère, et s’est installée dans un HLM à Gorton. Elle a divorcé de Smith en 1973, et a épousé un chauffeur de poids lourd, avec qui elle a eu une fille.

Maureen et sa famille immédiate rendait régulièrement visite à Hindley, qui adorait sa nièce. En 1980, Maureen a souffert d’une hémorragie cérébrale ; Hindley a pu rendre visite à sa sœur à l’hôpital, mais elle est arrivée une heure après la mort de Maureen. En 1972, David Smith a été acquitté du mère de son père, qui souffrait d’un cancer incurable. Il a plaidé coupable d’homicide et a été condamné à deux jours de détention. Il s’est remarié et s’est installé dans le Lincolnshire avec ses trois fils, dans une tentative de reconstruction de sa vie. Il a été exonéré de toute participation dans les meurtres des Landes par la confession de Hindley en 1987.

Joan Reade, la mère de Pauline Reade, a été admise dans l’hôpital psychiatrique Springfield de Manchester. Elle était présente, cependant, sous lourde sédation, aux funérailles de sa fille le 7 août 1987. Cinq ans après le meurtre de leur fils, Sheila et Patrick Kilbride ont divorcé. Les Kilbride, avec Ann West, étaient présents aux funérailles de Maureen Smith, croyant que Hindley ferait une apparition. Patrick Kilbride a pris la fille de Bill Scott d’une précédente relation, Ann Wallace, pour Hindley. Il a essayé de l’attaquer, mais a été mis KO par une autre personne présente aux funérailles avant que la police ne soit appelée pour restaurer l’ordre. Avant sa mort, à l’âge de 70 ans, Sheila Kilbride a dit : “Si elle [Hindley] sort un jour de prison, je la tue”. Ann West, la mère de Lesley Ann Downey, est morte en 1999 d’un cancer du foie. Depuis la mort de sa fille, elle avait fait campagne pour s’assurer que Hindley reste en prison et les médecins ont dit que le stress avait contribué au sérieux de sa maladie. Winnie Johnson, la mère de Keith Bennett, continue à visiter la Lande de Saddleworth, où on croit que le corps de son fils est enterré.

La maison dans laquelle Brady et Hindley ont vécu sur Wardle Brook Avenue et où Edward Evans a été tué, a été démolie par le conseil municipal.

Hindley est morte de broncho-pneumonie causée par une maladie cardiaque, à l’âge de 60 ans, le 15 novembre 2002. Les caméras “ont rempli le trottoir” dehors, mais aucun proche de Hindley se trouvait dans les six personnes qui ont participé à une brève cérémonie au crématorium de Cambridge, puisqu’ils vivaient de manière anonyme à Manchester sous des noms d’emprunt. Le sentiment était si fort plus de 35 ans après les meurtres que 20 entrepreneurs des pompes funèbres ont refusé de faire sa crémation. Quatre mois plus tard, les cendres de Hindley ont été dispersées par une ancienne compagne, une femme qu’elle avait rencontrée en prison, à moins de 16 km de la Lande de Saddleworth dans le Stalubridge Country Park. On a exprimé des peurs que la nouvelle pourrait résulter dans le fait que les visiteurs choisissent d’éviter le parc, beau lieu local, voire qu’il soit vandalisé. Moins de deux semaines après la mort de Hindley, le 25 novembre 2002, les juges siégant à la Chambre des Lords se sont accordés sur le fait que ce soit les juges, et non les hommes politiques, qui devraient décider de combien de temps un criminel passerait derrière les barreaux, et ainsi a retiré au ministre de l’intérieur le pouvoir de fixer les peines minimums.

Un débat télévisé de la BBC en 1997 discutaient des arguments pour et contre la sortie deMyra Hindley, avec des contributions des parents de certains enfants tués. L’affaire a été dramatisée deux fois à la télévision ; dans Longford (2006) et See No Evil: The Moors Murders (2006).

Les meurtres auraient pu se noyer dans l’histoire criminelle si l’un de leurs auteurs n’aurait pas été une jeune femme. Les photos et l’enregistrement de la torture de Lesley Ann Downey, présentés à la cour devant un public incrédule, et la réponse froide de Brady etHindley, ont contribué à la notoriété de leurs crimes. Brady, qui dit ne pas vouloir être relâché, est rarement mentionné dans les journaux, mais l’insistance répété de Hindley de son innocence, et ses tentatives de sortie de prison avant sa mort, ont résulté dans le fait qu’elle soit devenue une figure de haine dans les médias nationaux. Le récompense était un thème commun parmi ceux qui cherchaient à la garder sous les verrous, et même la mère de Hindley a insisté pour qu’elle meure en prison – bien que par peur pour la sécurité de sa fille, et le désir d’éviter la possibilité qu’un des proches des victimes pourrait la tuer. Certains commentateurs ont exprimé l’avis que des deux, Hindley était la “plus diabolique”. En 1987, elle a admis que la demande de liberté conditionnelle qu’elle avait soumise au ministre de l’intérieur huit ans plus tôt était “en gros [...] un tissu de mensonges”, et pour certains reporters, sa co-opération dans les recherches dans la Lande de Saddleworth “semble être un geste cynique dans le but de bien se faire voir aux autorités de la liberté conditionnelle”.

La chanson Suffer Little Children des Smiths, originaires de Manchester, parle également des meurtres des Landes. À l’époque des meurtres, de nombreuses victimes n’avaient que quelques années de plus que le leader des Smiths, Morrissey, qui a écrit les paroles de la chansons après avoir lu un livre sur les meurtres, Beyond Belief: A Chronicle of Murder and its Detection, de Emlyn Williams. C’était l’une des premières chansons que Morrisseyet Johnny Marr ont écrites ensemble.

Après que la chanson soit sortie en face B du single Heaven Known I’m Miserable Now, leManchester Evening News a rapporté que les proches des victimes des meurtres des Landes s’étaient offensés des paroles, dans lesquelles trois des victimes sont mentionnées par leur nom. Certains journaux aussi déclaraient que la photo sur la pochette du single de la gagnante du loto Viv Nicholson était dans l’intention de ressembler à Myra Hindley.

Par la suite, les magasins Boots et Woolworths ont retiré à la fois l’album et le single des ventes. Cependant, Morrissey a plus tard établi une amitié avec Ann West, la mère de Lesley Ann Downey, après qu’elle ait accepté que les intentions du groupes étaient honorables.

 

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