N'est pas mort ce qui à jamais dort ...

L'Ogre de Rostov ( L'affaire Chikatilo )

23 Avril 2012 , Rédigé par Kthullu Publié dans #Serial Killer

 


  

Yablochnoye un typique petit village d'Ukraine. C'est là que le 16 octobre 1936 Andrei Romanovich Chikatilo voit le jour. Alors qu'en France les premiers bénéficiaires des congés payés rentrent de leurs vacances, dans cet état agricole ruiné par les soviétiques, la famine est quotidienne et le travail épuisant. Les années qui suivent ne font qu'empirer la situation. Dans la famille Chikatilo, le père a été enrôlé pour faire la guerre et servir de chair à canon. Il est fait prisonnier par les allemands puis libéré. Lorsqu'il rentre au pays, il se fait insulter par ses compatriotes qui le traitent de lâche.

Andrei fait les frais de cet acharnement sur son père. Il souffre de la faim, mais aussi de divers symptômes psychiatriques. On le dit attardé mental, c'est sans doute la raison pour laquelle il s'oublie au lit et lorsque sa méchante couche est humide au petit matin, il ne peut cacher sa honte. Bien qu'il n'ait que 15 ans, il sait déjà que sa sexualité sera cahotique. Ses premiers ennuis judiciaires justement, c'est en 1951 qu'il les connaît.





Il tente de violer une jeune fille de son âge et se retrouve honteux lorsqu'il éjacule avant même de la pénétrer. Alors qu'il peut être lourdement condamné pour cet acte, il subit en fait une grande humiliation même de la part de la victime qui, sa peur passée se moque de lui etraconte son aventure dans tout le village.



Un des corps...

Si Andrei semble retardé sur le plan sexuel et humain, il est intelligent. Même s'il échoue à son examen d'entrée à l'université de Moscou, il profite de son passage à l'armée pour devenir instituteur. En 1960, il s'installe près de la ville de Rostov où sa plus jeune soeur le rejoint. Bien vite, elle s'aperçoit que son frère n'a pas vraiment l'étoffe d'un Don Juan et que ses relations avec la gente féminine se situent au niveau 0. C'est pourquoi, elle organise une rencontre avec une jeune fille de la région qui cherche à se faire épouser. Le mariage d'Andrei et de Fayina a lieu en 1963. De cette union où la sexualité tout du moins traditionnelle a semble t-il peu de place, vont tout de même naître deux enfants. En apparence tout ce passe sans problème. En apparence seulement. Nous sommes en 1971...


  


Andrei Chikatilo est-il un bon instituteur ? Un peu trop proche de ses élèves pensent certains parents qui, à plusieurs reprises se plaignent de gestes déplacés auprès de leur progéniture. A tel point que l'ont prit monsieur l'instituteur de changer d'établissement à plusieurs reprises. Jusqu'à ce qu'il soit nommé à Shakhty, une autre ville près de Rostov. Quelques années vont passer ainsi. Instituteur pervers mais peu ennuyé par sa hiérarchie, Chikatilo sent monter en lui une fièvre bien plus violente que celle que son entourage peut imaginer. Le 22 décembre 1978, la vraie personnalité de Chikatilo explose avec violence.

 


Les couteaux de Chikatilo


Il entraîne dans un hangar une pauvre gamine de 9 ans Lena Zakotnova. Là, il tente de la violer. L'enfant se débat. Que se passe t-il alors dans la tête du pervers ? Il éventre l'enfant...Cela lui procure un plaisir intense. Il éjacule. Pour lui le lien vient de se faire. La souffrance de l'un, c'est sa satisfaction à lui...Lorsque le crime est découvert, Chikatilo est tout de suite soupçonné. En effet un témoin l'a vu partir avec la petite fille, mais son épouse lui fournit un alibi qui le met hors de cause. Surtout qu'il bénéficie d'une chance inouïe. C'est bien connu, le malheur des uns fait le bonheur des autres. La police arrête un jeune homme de 25 ans Alexandre Kravchenko qui avoue le viol et le meurtre de l'enfant sans doute après un interrogatoire musclé et convaincant (Et tout le monde sait que les interrogatoire de l'Est ne sont pas tendre ). Kravchenko a été jugé et exécuté en 1984!

Quoi qu'il en soit, on ne connaît pas de récidives de Chikatilo durant les trois années suivantes. Sans doute a t-il eu très peur de se faire arrêter même si les plaintes à son égard par les parents pour attouchements se succèdent jusqu'à ce que l'administration se décide de réagir et le licencie en juin 1981. Chikatilo ne tarde pas à retrouver du travail. Il se fait embaucher dans une usine de Rostov. Cela lui permet d'avoir plus de liberté dans ses déplacements et de donner libre cours à ses fantasmes. Le 3 septembre 1981, il s'attaque à Larisa Tkachenko, âgée de 17 ans. Il la baillonne avec de la terre et des feuilles, l'étrangle et la viole avec son couteau car l'homme vient de mettre au point un modus operandi qui va le faire connaître comme l'un des plus grands tueurs en série du 20ème siècle...

Désormais, il se sert de son couteau à la place de sa verge. Il éprouve d'immenses sensations lorsqu'il mutile sexe des garçons ou des fillettes qu'il assassine. Parfois il mange les organes sexuels ou des bouts de visage de ses martyrs. Le nez et la langue sont appréciés...! Il leur enlève leurs yeux croyant que les victimes se rappeleront de lui même au delà de la mort. Comment procédé à des recherches dans un presque continent qui a l'habitude de ficher les idéologues que les pervers ? Travail de fourmi confié à Victor Burakov espèce de "profiler" russe doté de moyens insignifiants. Si de tels faits se dérouleraient aujourd'hui Chikatilo se serait fait prendre dès le premier meurtre. Mais à cette époque, tout n'était pas si simple et il y a pourtant seulement 20 ans...!

 


Et pourtant Chikatilo est prêt de se faire prendre. On fait des tests de comparaisons entre son sang et le sperme du tueur relevé sur les victimes mais le test est négatif. On expliquera cette énorme bévue plus tard par le fait que curieusement Chikatilo est de rhésus sanguin A mais que son sperme est défini lui dans le groupe AB. Une particularité peu commune chez l'être humain mais qui existe. Il sera quand même condamné à trois mois de prison pour attouchement sur des mineurs. A cause de cette comparaison ratée, l'homme va encore tuer 21 fois...


En août 1985 il récidive par deux fois. Burakov est toujours aussi décidé à coincer son meurtrier. Il demande à un psychiatre Alexandre Bukhanovsky de l'aider à déterminer la personnalité du tueur. Leur homme est un nécrophage sadique. Ils estiment que le tueur doit avoir entre 45 et 50 ans. Un autre tueur sera interrogé pour mieux comprendre le mécanisme d'un tueur en série, Anatoly Slivko. Si les crimes ont semblé cesser dans la région, il y en a d'autres qui se sont produits dès le début 1988 dans d'autres contrées. Il semble que la marque du tueur soit identique à celle de Rostov.

 

 

Bukarov et Bukhanosvky

Donc, la tâche de la police semble encore plus difficile que jamais. Durant encore deux ans le tueur va ssassiner. Il semble prendre de plus en plus de risques et les jeunes garçons sont désormais sa cible privilégiée. Il les tue également dans des lieux de plus en plus proches des centre-villes presuqe à portée des regards de tout le monde. On donne désormais des moyens à Burakov qui dispose de forces de police conséquentes. Le 6 novembre 1990 Andrei tue Sveta Korostik, mais dans sa fuite, son comportement attire l'attention des policiers qui patrouillent le quartier. Il est intercepté, son idendité est relevé. Mais on le relache...




Reconstitution d'un de ses crimes...

Cependant on le met sous surveillance. Le 20 novembre 1990, Chikatilo est arrêté et interrogé. Durant des heures il nie l'évidence. Bukhanovski, le psychiatre entre en scène. Il sait comment se mettre à portée de l'assassin. Il sait que s'il flatte son égo celui-ci va se détendre et peut-être raconter ses meurtres. Et ça marche. Andrei parle...Il donne des détails les plus précis, les plus sanglants. Il a tellement confiance au psychiatre qu'il l'emmène sur certains lieux de ses crimes. Il revendique 56 victimes, la justice en recensera 53. Un détail....


Chikatilo comparaît le 14 avril 1992 devant un tribunal. L'homme a vieilli. Assurément ses mois de détention ne l'ont pas arrangé. Celui que la presse désigne comme "Le fou" joue t-il un rôle pour éviter la peine capitale ou est-il vraiment dans un autre monde ? A longueur de journée, il parle, chante, se lève même une fois du siège installé dans la cage qui le protège de l'assistance et montre au public ses parties génitales. Cette comédie dure plus de 6 mois. Six mois d'insultes, de rires et de larmes et six mois de souffrances pour les familles des victimes devant cet homme qui raconte d'une façon répugnante les meurtres et les viols qu'il a commis.

A l'issue du procès, le 15 octobre 1992, Chikatilo est reconnu coupable de 52 meurtres sur les 53 que la justice lui reproche. Il est condamné à mort. Malgré l'appel de son avocat qui espère que son client va être reconnu comme alliéné, la sentence a lieu,   le 14 février 1994 , Andrei Romanovich Chikatilo a été exécuté d'une balle dans la tête...

 

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