N'est pas mort ce qui à jamais dort ...

Le charivari

28 Décembre 2011 , Rédigé par Kthullu Publié dans #Coutume

http://www.nicerendezvous.com/car/images/stories/carnaval/charivari.jpg

Une certaine nuit de mai 1950, une cacophonie de bruits divers et d’insultes se fait entendre devant la petite auberge du Pays basque espagnol. Derrière les volets clos, deux amants, mariés chacun de leur coté, cachent leur honte : leur précieux secret à été découvert. Le vacarme se calme peu à peu et ses auteurs se dispersent dans l’obscurité.

Or, cette façon d’agir n'est pas simplement une protestation envers un comportement immoral, elle s’inscrit dans une tradition vieille de plusieurs millénaires et implantée dans de nombreuses régions rurales de l’Europe.

Le charivari, ou « confusion de bruit », est une forme de justice populaire par laquelle les membres d’une communauté expriment leur désapprobation à l’égard des mariages ou de couples mettant en péril les valeurs de leur société. Il vise les adultères, les maris dominés par leur femme, et les veufs ou les veuves trop vite remariés ou prenant un nouveau conjoint trop jeune.

Ce chœur de désapprobation prend généralement la forme d’une symphonie tapageuse jouée sur des casseroles, des cors, des cloches, des sifflets et des tambours, et accompagnée de slogans vulgaires et d’insultes. Parfois, la victime assise à l’envers sur un âne, est promenée dans les rues sous les huées des badauds, voir sous une pluie de tripailles. 

La « chasse à courre du Devon », elle, en est un exemple prenant place dans le sud de l’Angleterre. Un homme déguisé en cerf est poursuivi par ses compagnons aboyant comme une meute. Lorsque la « chasse » arrive devant la maison du coupable, elle barbouille abondamment de sang le pas de la porte.

Le charivari, bruyante manifestation d’origine française accompagnant les mariages, se pratique sous diverses formes et différentes appellations dans la plupart des pays européens et s’est étendue au Canada et aux Etats-Unis, où il s’appelle communément « sharivaree ».

Ces farces carnavalesques ont cependant un coté sérieux. Lorsque les passions sont exacerbées, elles peuvent déchaîner la violence. Après l’incident du Pays basque, un fermier du nom d’Agarra prend son fusil. Il tue un homme et en blesse deux autres, puis se pend. Il avait été jadis l’objet d’un charivari et ne supportait pas de voir d’autres punis par la même « justice »...

 

Partager cet article