N'est pas mort ce qui à jamais dort ...

Le Vampire , de Charles Baudelaire

3 Février 2013 , Rédigé par Kthullu Publié dans #Vampire et autres suceurs de sang

Toi qui, comme un coup de couteau

Dans mon coeur plaintif es entrée ;

Toi qui, forte comme un troupeau

De démons, vins, folle et parée,

 

De mon esprit humilié

Faire ton lit et ton domaine ;

-Infâme à qui je suis lié

Comme le forçat à la chaîne,

 

Comme au jeu le joueur têtu,

Comme à la bouteille l'ivrogne,

Comme aux vermines la charogne

-Maudite, maudite sois-tu

 

J'ai prié le glaive rapide

De conquérir ma liberté,

Et j'ai dit au poison perfide

De secourir ma lâcheté.

 

Hélas ! Le poison et le glaive

M'ont pris en dédain et m'ont dit :

"Tu n'es pas digne qu'on t'enlève

A ton esclavage maudit,

 

Imbécile ! - de son empire

Si nos efforts te délivraient,

Tes baisers ressuciteraient

Le cadavre de ton vampire !

(Charles Baudelaire, les fleurs du mal )

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