N'est pas mort ce qui à jamais dort ...

Les vampires dans l'Histoire

19 Février 2013 , Rédigé par Kthullu Publié dans #Vampire et autres suceurs de sang

Dans la Grèce antique, les ombres du Royaume d'Hadès sont gourmandes du sang des victimes. Les Anciens craignaient l'errance sur Terre s'ils n‟étaient pas enterrés par leur famille ou leurs amis car le repos définitif venait de l'incinération, ce qui explique le mythe de Polynice. Aristée, Platon etDémocrite soutenaient que l'âme peut demeurer auprès des morts privés de sépulture. Les âmes malheureuses et errantes se laissent alors attirer par l'odeur du sang. On peut se référer à Porphyre de Tyr (Des sacrifices, ch. II « Du vraiculte »). Les devins se servaient alors de ces âmes pour deviner les secrets ettrésors. Ayant connaissance de leur présence, les hommes cherchèrent desmoyens pour les apaiser ou les contrer. En Crète, selon Pausanias, on enfonçaitdans la tête de certains morts un clou. Ovide aussi parlera des vampires.Théocrite note aussi les empuses (spectres multiformes de la nuit pouvant semuer en monstres innommables ou en créatures de rêve, aussi appelées démons de midi). 
Dans l'Empire Romain, on trouve la loi « Jus Pontificum » suivant laquelle les corps ne devaient pas être laissés sans sépulture. De plus, les tombes étaientprotégées contre les voleurs et ennemis. Les violations étaient considéréescomme sacrilèges et punies de mort. On rencontre Lamia, une goule nécrophage, reine des Succubes dévorant les fœtus et effrayant les enfants la nuit (Horace,Art poétique, 340). De Lamia viennent les lamies, plus nécrophages que vampires : lascives, ondoyantes, serpentines, avides de stupre et de mort, auxpieds de cheval et aux yeux de dragon. Elles attiraient les hommes pour les dévorer et peuvent s'apparenter aux Succubes. On note aussi les strygesdémons femelles ailées munies de serres, ainsi nommées à cause de leurs cris perçants, et les omosceles, démons aux pieds d'ânes qui s'attaquaient aux voyageurs égarés.
Au douzième siècle, les vampires étaient censés être si nombreux en Angleterre qu'ils étaient brûlés pour calmer la passion populaire. Plus tard, au quatorzième siècle, Herenberg cite précisément deux cas en 1337 et 1347 : les présumés coupables de vampirisme furent empalés et brûlés. De même, au quinzième siècle, les épidémies de pestes sont l'occasion pour la population (surtout en Europe de l‟Est) d'une véritable frénésie anti-vampire. On voit apparaître au seizième siècle, la première grande figure du vampirisme : la comtesse hongroise Elizabeth Báthory. En Moravie, l'évêque d'Olmütz, devant la multiplication des plaintes des villageois de la région, mit sur pied des commissions d'enquêtes. Le premier cas de vampirisme attaché à un nom et étudié un tant soit peu est celui Michael Casparek, en 1718. Son cas fit l'objet d'une enquête officielle, dans son petit village de Liptov en Hongrie.Malheureusement, très peu de données ont pu parvenir jusqu'à nous. Le mot« vampire » apparaît pour la première fois en 1725, auparavant, on parlait de « vampyr », lorsqu'un rapport présente l'exhumation du récemment mort Peter Plogojowitz un paysan serbe, qui reste encore à ce jour le cas le plus célèbre de vampire historique dans le monde.Vient ensuite celui d'Arnold Paole, soldat et paysan autrichien mort en 1726 et àl'origine de deux épidémies de « vampirisme » dont la seconde, en janvier 1731,fit l'objet d'un rapport circonstancié par le médecin militaire Johann Flückinger,généralement connu sous le titre de Visum et Repertum. Ce rapport futabondamment repris, traduit par Dom Calmet déjà cité, et fit probablementcouler encore plus d'encre que le cas Plogojowitz (pour les Serbe). Le plus
célèbre reste cependant Sava Savanović. 
  Un autre cas de vampirisme est celui de Johannes Cuntius de Silésie. Le vampirisme était pour l'Église Catholique Romaine (et pour Dom Calmet enparticulier) un sujet sérieux et politique (à la manière de la Bête du Gévaudan).Les âmes des morts ont trois alternatives : Paradis, Enfer ou Purgatoire promulgué en 595 par le Pape Grégoire le Grand. Or le vampire est un
mort qui ne se retrouve dans aucune de ces trois catégories, puisque c'est une âme qui erresur Terre. Sa simple existence remet donc en cause le dogme catholique du purgatoire et donc la puissance de l'Église

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