N'est pas mort ce qui à jamais dort ...

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Le pacte du Père Urbain Grandier et les possédés de Loudun

26 Juillet 2013 , Rédigé par Kthullu Publié dans #Anecdotes étrange de l'Histoire

La petite ville de Loudun dans le département de la Vienne compte environ 14 000 habitants, bien que l'on pense que ce chiffre est un peu supérieur à la réalité, à connue en 1632, une des histoires de possession qui fait encore couler beaucoup d'encre. Un film a même vu le jour, son nom : " Les Diables " de Ken Russel sortie dans les salles en 1970. Le cas de possession de Loudun est dès plus troublant, puisqu'il concerne le couvent des ursulines qui compte dix-sept pensionnaires. Je vais vous peindre le fond de l'histoire. La petite ville de Loudun vient de connaître une épidémie de peste qui, entre mai et septembre a tué plus de 3 500 personnes. Certaines personnes voient dans ce fléau, un signe de colère divine. Plus que jamais, les habitants croient être maudits des dieux. Protégée par une double ceinture de murailles, la ville de Loudun est une place forte qui a été attribué à la suite de l'Edit de Nantes de 1598 aux protestants, malgré cela, depuis le début du XVII siècle, la ville connaît une importante contre-offensive catholique, à la pointe du combat, on trouve les moines, Cordeliers et Carmes, mais aussi les Capucins, nouvellement implantés, sous l'impulsion du célèbre père Joseph du Tremblay. Les jésuites sont eux-aussi des nouveaux venus en Poitou où ils mènent une rude guerre aux protestants tout en essayant de diminuer l'autorité épiscopale. C'est donc dans cette atmosphère qu'apparaissent les premiers cas de possession. La nuit du 21 septembre alors que la prieure Jeanne des Anges et deux sœurs se promènent dans le couvent, une ombre leur apparaît. Il s'agit de leur confesseur, le prieur Moussaut, rien d'étonnant me direz-vous, sauf que le prieur Moussaut est mort quelques semaines plus tôt après avoir contracté la peste. Les nouveaux phénomènes ne se feront pas attendre, en effet, une boule noire vole à travers le réfectoire, un fantôme se promène dans les couloirs.

C'est début octobre que les premiers cas de démence se font sentir. Plusieurs sœurs se roulent par terre, pousse des hurlements sans raison, se contorsionnent dans tous les sens comme si elles souffraient d'épilepsie. Malheureusement, la démence se généralise, tout le couvent est touché, et on commence à parler de possession dans la petite ville de Loudun, la rumeur circule rapidement : Les sœurs du couvent des ursulines sont possédées par le Malin. Il faut savoir que pour les religieux, Lucifer, ne peut apparaître que s'il a été invoqué. Donc, la première conclusion est rapidement tirée : Un sorcier se cache dans la ville. Les séances d'exorcisme se suivent et se ressemblent. Ils viennent de la France entière.

Les exorcistes décèlent sur les corps des paroissiennes les démons suivants : Léviathan, Asmodée, Baruch, Béhémot ou Zabulon, mais aussi Concupiscence, Fornication ou Pollution. Ils logent sous les côtes, dans l'estomac, au-dessus ou au-dessous du cœur, dans la tempe, au-dessous du nombril, au milieu du front. Certains sont bavards, d'autres colériques, facétieux, insolents, lubriques. Pendant ce temps, la ville cherche le sorcier. Le rebondissement de l'histoire arrive le 11 octobre, lorsqu'une religieuse se disant possédée par le démon Astaroth lâche le nom d'Urbain Grandier, curé de l'église Saint-Pierre du Marché. La rumeur se répand rapidement, la ville a trouvé son sorcier.

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Urbain Grandier est un étranger pour les habitants de Loudun. Né en 1590 prés de Sablé, dans le diocèse du Mans, dans une bonne famille bourgeoise. Son père est notaire royal et sa mère, Jeanne d'Estève, est issue de la petite bourgeoisie locale. Il entre dans les ordres et reçoit l'ordination à 25 ans, mais demande à prolonger son noviciat de 2 ans, pour approfondir ses connaissances. Il a 27 ans, en juillet 1617, lorsqu'il prend possession de sa cure à l'église Saint-Pierre du Marché de Loudun. Mais il n'arrive pas seul dans la petite ville, sa mère, devenue veuve depuis peu de temps, ses deux sœurs et ses trois frères. Ci-tôt arrivé dans la petite ville, il leur obtient des postes sûrement enviés. François est nommé premier vicaire à Saint-Pierre du Marché. René obtient une charge de conseiller de bailliages. Jean est prêtre libre à Loudun. Une de ses sœurs est mariée, alors que la dernière, Françoise vit avec sa mère et ses frères. Urbain Grandier n'est pas simplement un curé, mais il occupe une fonction très convoitée, il est également chanoine de la collégiale Sainte-Croix, avec les revenus liés a ses fonctions. Mais Urbain Grandier est un grand et bel homme, élégant, vif et intelligent, qui captive son auditoire à chaque fois qu'il apparaît sur la chaire. Il existe des portraits et des témoignages qui nous permet de savoir comment il était physiquement, des yeux noirs, un nez long mais bien fait, il portait une moustache et une barbe en pointe comme la mode de l'époque le désirait. Cet homme au grand courage comme le décrira l'astronome Ismaël Boulliau qui fut son vicaire dans une lettre adressée au philosophe Gassendi : Ses qualités sont réelles : il est intelligent, brillant, spirituel, bon théologien et d'une grande générosité. A plusieurs reprises, il a démontré son courage : pendant la terrible peste de 1632, quand il reste au milieu de ses paroissiens alors que tous les médecins de Loudun ont quitté la ville, comme au moment de sa mort. Mais il y a aussi quelques défauts majeurs, au premier rang desquels il faut citer un orgueil immense, qui le rend incapable d'écouter des conseils de modérations ou de faire des concessions. Urbain Grandier ne sait pas jusqu'où il peut aller trop loin. On lui reproche son libertinage, et la rumeur circule qu'il court après ses paroissiennes. Mais les Capucins mettent leurs grains de sel en accusant Urbain Grandier d'être l'auteur des pamphlets haineux contre Richelieu. Le baron de Laubardemont, commissaire du ministre-cardinal, arrive dans la ville en septembre 1633, mais pour une mission qui n'a aucun rapport avec l'affaire. Il reviendra en décembre avec les pleins pouvoirs, chargés par Richelieu d'instruire le procès de Grandier. Le lendemain de son arrivée, Laubardemont perquisitionne chez le curé mais n'y trouve rien de compromettant. Il récolte donc des témoignages et des dépositions.

 

Entre le 4 février et le 11 février, il interroge Urbain Grandier, qui nie tout ce qui lui est reprocher, puis finit par ne plus répondre aux questions de Laubardemont. Pendant ce temps-là, on vient voir les contorsions des sœurs de la France entière. Le procès s'ouvre le 8 juillet 1634, douze juges ont été désignés et lisent les comptes rendus d'instruction de Laubardemont. Ils interrogent les possédées et cherchent sur Grandier des marques qui prouveront son appartenance à la sorcellerie. Ils trouveront une cicatrice sur son pouce, cet endroit devient une ancienne blessure qu'il se serait infligée pour signer de son sang un pacte avec le démon. L'insensibilité d'une épaule devient la preuve que le Malin s'est emparé de cette partie de son corps et la fait échapper aux lois de la nature. Le 18 août, à 5 heures du matin, les juges prononce la sentence. C'est donc 2 heures plus tard que Urbain Grandier sera brûlée après avoir été atrocement mutilé sur la place Sainte-Croix à Loudun.

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Le prétendu pacte avec le diable d'Urbain Grandier , conservé à l'heure actuelle à la Biblothèque National (BNF)

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Le double du Roi Umberto 1er ( Coincidences royales )

18 Juillet 2013 , Rédigé par Kthullu Publié dans #Anecdotes étrange de l'Histoire

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A Monza, en Italie, le roi Umberto Ier ( Humbert 1er d'Italie ), est allé dans un petit restaurant pour le dîner, accompagné de son aide-de-camp, le général Emilio Ponzia-Vaglia. Lorsque le propriétaire a pris la commande du roi Umberto, le roi a remarqué que lui et le propriétaire du restaurant étaient comme des doubles , tant au propre qu'au figuré. Les deux hommes ont commencé à discuter des ressemblances frappantes entre eux et ont trouvés beaucoup plus de similitudes.

a) Les deux hommes sont nés le même jour, de la même année (Le 14 Mars 1844).

b) Les deux hommes sont nés dans la même ville .

c) Les deux hommes ont épousé une femme du même nom: Margherita.

d) Le restaurateur a ouvert son restaurant le même jour où le roi Umberto fut couronné roi d'Italie.

e) Le 29 Juillet 1900, le roi Umberto a été informé que le restaurateur est mort ce jour-là dans un accident de tir mystérieux, alors qu'il exprimait ses condoléances , il a été assassiné par un anarchiste dans la foule.

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Le fantôme du marquis de Pisani

20 Mai 2013 , Rédigé par Kthullu Publié dans #Anecdotes étrange de l'Histoire

Un soir du mois d'avril 1645, deux jeunes gens, de vingt-cinq à trente ans, conversent dans un somptueux appartement de la rue Saint-Antoine, à Paris. L'un, le propriétaire des lieux, s'appelle Louis de Prat, marquis de Précy ; l'autre, Charles-Pompée d'Angennes, marquis de Pisani.
Les deux amis, qui doivent bientôt partir pour la guerre et rejoindre dans les Flandres les régiments du prince de Condé, s'entretiennent de la mort et de la survie de l'âme.

— Penses-tu que l'âme reste attachée à l'endroit où le corps est enterré ? demande Précy. Cela m'ennuierait de hanter un champ de bataille pour l'éternité.

— Je ne crois pas aux revenants, dit le marquis de Pisani, il me semble plutôt que l'âme entre dans un autre monde totalement différent du nôtre et oublie tout de notre existence…

Précy est songeur.

— Moi, je pense au contraire, dit-il, que les morts nous entourent, qu'ils sont là, tout près, mais que nous ne savons ni leur parler ni les entendre…

Les deux amis demeurent silencieux.

— Mais y a-t-il un enfer, un paradis et un purgatoire ? demande Précy. Sommes-nous récompensés pour nos mérites ? punis pour nos fautes ? Bref, la qualité de notre vie terrestre conditionne-t-elle notre vie dans l'autre monde ?…

— Comment répondre à cela ?

— Il faudrait pouvoir communiquer avec les morts…

— Écoute, dit Pisani, j'ai une idée. Nous allons tous les deux partir pour la guerre. Peut-être y serons-nous tués. Je te propose ceci : le premier de nous deux qui mourra viendra donner à l'autre, par n'importe quel moyen, des renseignements sur l'au-delà.

— Une réponse à nos questions de ce soir, en somme ?

— Exactement !

— Eh bien, d'accord…

Et ils se serrent la main en guise d'engagement.

Deux mois passent et, vers la fin de juin, les deux amis reçoivent l'ordre d'aller rejoindre leur régiment. Hélas ! le marquis de Précy est, pour lors, cloué au lit par une fièvre maligne et le marquis de Pisani doit prendre seul la route des Flandres.

Un mois plus tard, le 4 août, vers six heures du matin, Précy, qui est toujours malade, dort dans sa chambre, tourné vers la ruelle, quand il est réveillé en sursaut. On vient de tirer les rideaux de son lit. Il se retourne, pensant qu'un valet lui apporte une tasse de lait et un biscuit, et voit à son chevet le marquis de Pisani superbe, en buffle et en bottes. Fou de joie, il se lève et veut lui sauter au cou. Mais Pisani recule encore de quelques pas.

— Non, Louis, tu ne peux plus m'embrasser.

— Mais pourquoi ?

— Parce que je suis mort. Je viens simplement te voir comme je te l'ai promis. Souviens-toi de notre pacte. J'ai été tué hier à Nordlingen, en Bavière… Les troupes de M. de Gramont venaient de s'engager dans la bataille contre M. de Mercy qui commandait les armées des Impériaux. Tout de suite, la mêlée a été épouvantable. Et je suis tombé à six heures, devant le village d'Allerheim…

— Tu es stupide ! dit Précy, en riant.

Et, de nouveau, il veut se précipiter pour embrasser son ami ; mais ses bras se referment sur le vide. Le personnage qui est devant lui n'a aucune consistance. Il demeure hébété.

— Tu vois bien, dit Pisani. Tiens, regarde l'endroit où j'ai été frappé.

Et il montre, à la hauteur des reins, une déchirure dans son habit. Une déchirure entourée de sang séché.

— Je suis bien mort, Louis. Et je viens te dire, en réponse à nos questions, que tout est vrai : l'au-delà est peuplé d'âmes. Certaines sont près de nous. Mais il y a des choses que je ne peux t'expliquer. Sache toutefois que tu dois songer à vivre d'une manière moins frivole… Dépêche-toi, Louis, tu n'as pas de temps à perdre, car tu seras tué dans la première bataille à laquelle tu participeras…

Et il disparaît.

Le marquis de Précy, bouleversé, appelle aussitôt son valet de chambre et réveille toute la maison par ses cris. On accourt. Il raconte alors ce qu'il vient de voir et d'entendre.

— Il était là, dit-il, en uniforme, avec ses bottes, et il m'a montré la trace du coup qui l'a tué. Il est mort hier, en Bavière, au cours d'une bataille terrible.

— En Bavière ? dit quelqu'un. Voilà qui est étonnant. N'était-il pas parti pour les Flandres ? Allons, allons, mon cher Louis, recouchez-vous, votre fièvre vous donne des visions…

Précy a beau insister, donner des détails et jurer qu'il est sûr de son fait, personne ne veut le croire.

Les semaines passent.

Et un matin, des nouvelles arrivent de l'armée. On apprend que, Turenne s'étant trouvé en difficulté devant les Impériaux, Condé a été chargé de lui porter secours, que les régiments qui se trouvaient dans les Flandres sont allés se battre en Bavière et que, au cours d'un terrible combat à Nordlingen, le marquis de Pisani a été tué le 3 août, à six heures du soir, d'un coup de mousquet dans les reins, devant le village d'Allerheim.

Ces nouvelles, qui ne pouvaient absolument pas être connues de Précy au lendemain de la bataille de Nordlingen, stupéfient ses amis.

Mais il y a toujours des gens qui veulent donner des explications rassurantes aux phénomènes qui les dépassent. Aussi voit-on certaines personnes prétendre avec autorité que le jeune marquis a transformé en vision un simple pressentiment produit par l'amitié qui le lie à Pisani.

D'autres disent, avec la même assurance :
— Il a rêvé ! On a souvent vu des songes prémonitoires contenant des détails d'une grande précision… Tout cela n'a rien de surnaturel…

Précy, lui, est convaincu qu'il n'a pas rêvé et que sa vision n'est pas un simple pressentiment. Aussi, pour être sûr de ne point mourir dans une bataille, comme le fantôme de son ami le lui a prédit, décide-t-il prudemment, une fois guéri, de ne pas rejoindre l'armée de M. de Condé.

Et pendant des années, on le vit fuir comme la peste tout ce qui touchait, de près ou de loin, à l'état militaire.

Puis la Fronde éclata, qui divisa la France. Précy, considérant que ce soulèvement n'était pas une vraie guerre, accepta de commander les gendarmes de Mazarin.

Le 2 juillet 1652, au matin, il était dans le faubourg Saint-Antoine, luttant contre les régiments de Condé, quand la Grande Mademoiselle, grimpée sur la Bastille, fit tirer sur les troupes royales.
Le soir, on retrouva le corps de Précy gisant au milieu d'un monceau de cadavres.

C'était la première bataille à laquelle le jeune marquis participait…

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Note : Cette histoire est rapportée par le comte César de Rochefort dans ses mémoires . Il habitait chez le Marquis de Précy au moment des faits .

Source : "Histoires magiques de l'Histoire de France" de Guy Breton et Louis Pauwels

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