N'est pas mort ce qui à jamais dort ...

Quelle est la langue naturelle de l'être humain ?

31 Janvier 2012 , Rédigé par Kthullu Publié dans #Experience de psychologie inquiétantes

Frederic 2



 

Au 13e siècle, le roi Frédéric II (qui parlait neuf langues : le latin, le grec, le sicilien, l'arabe, le normand, l'allemand, l'hébreu, le yiddish et le slave) voulut faire une expérience pour savoir quelle était la langue "naturelle" de l'être humain. Il installa six bébés dans une pouponnière et ordonna à leurs nourrices de les alimenter, les endormir, les baigner, mais surtout, sans jamais leur parler.

Frédéric II espérait ainsi découvrir quelle serait la langue que ces bébés "sans influence extérieure" choisiraient naturellement. Il pensait que ce serait le grec ou le latin, seules langues originelles pures à ses yeux.

Cependant, l'expérience ne donna pas le résultat escompté. Non seulement aucun bébé ne se mit à parler un quelconque langage mais tous les six dépérirent et finirent par mourir.

Les bébés ont besoin de communication pour survivre. Le lait et le sommeil ne suffisent pas. La communication est aussi un élément indispensable à la vie. L'être humain est un être social, il n'y a pas que le "biologique" qui lui permet de vivre, mais le "social" également.

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Experience de Milgram

31 Janvier 2012 , Rédigé par Kthullu Publié dans #Experience de psychologie inquiétantes

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   En 1961, Stanley Milgram, psychologue à l'université de Yale, se pose une question: la seule force de l'obéissance peut-elle pousser un peuple à en éliminer un autre? Si les soldats américains avaient reçu les memes ordres que les nazis, l'holocauste se serait-il produit aux Etats unis? Pour éprouver son hypothèse, Milgram va se lancer dans une série d'experiences ou les cobayes vont se retrouver confrontés à un choix cruel: le sujet A pose des questions au sujet B. Si le sujet B se trompe, le sujet A lui envoie des décharges electriques de plus en plus fortes. Le sujet A croit que le but de l'experience est de tester l'impact du stress sur la mémorisation. Il croit aussi que le sujet B est un volontaire, tout comme lui. Mais en réalité, il est le seul cobaye. Et l'objet du test, c'est sa soumission aux ordres de l'experimentateur, qui l'encourage à electrocuter son camarade. Dans une telle situation, quel pourcentage de gens irait jusqu'à mettre en danger la vie du sujet B? Les résultats que Milgram dévoila continuent à sidérer 40 ans plus tard...

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L'expérience de Milgram est une expérience de psychologie réalisée entre 1960 et 1963 par le psychologue américain Stanley Milgram. Cette expérience cherchait à évaluer le degré d'obéissanced'un individu devant une autorité qu'il juge légitime et à analyser le processus de soumission à l'autorité, notamment quand elle induit des actions qui posent des problèmes de conscience au sujet.

Les résultats ont suscité beaucoup de commentaires dans l’opinion publique, mais la méthode utilisée a fait naître critiques et controverses chez les psychologues et les philosophes des sciences.

 

L'objectif réel de l'expérience est de mesurer le niveau d'obéissance à un ordre même contraire à la morale de celui qui l'exécute. Des sujets acceptent de participer, sous l'autorité d'une personne supposée compétente, à une expérience d'apprentissage où il leur sera demandé d'appliquer des traitements cruels (décharges électriques) à des tiers sans autre raison que de « vérifier les capacités d'apprentissage ».

L'université Yale à New Haven faisait paraître des annonces dans un journal local pour recruter les sujets d'une expérience sur l'apprentissage. La participation devait durer une heure et était rémunérée 4 dollars américains, plus 0,5 $ pour les frais de déplacement, ce qui représentait à l'époque une bonne affaire, le revenu hebdomadaire moyen en 1960 étant de 25 $1. L'expérience était présentée comme l'étude scientifique de l'efficacité de la punition, ici par des décharges électriques, sur la mémorisation.

La majorité des variantes de l'expérience a eu lieu dans les locaux de l'université Yale. Les participants étaient des hommes de 20 à 50 ans de tous milieux et de différents niveaux d'éducation. Les variantes impliquent le plus souvent trois personnages :

  • l’élève (learner), qui devra s'efforcer de mémoriser des listes de mots et recevra une décharge électrique, de plus en plus forte, en cas d'erreur ;
  • l'enseignant (teacher), qui dicte les mots à l'élève et vérifie les réponses. En cas d'erreur, il enverra une décharge électrique destinée à faire souffrir l'élève ;
  • l’expérimentateur (experimenter), représentant officiel de l'autorité, vêtu de la blouse grise du technicien, de maintien ferme et sûr de lui

L'expérimentateur et l'élève sont en réalité des comédiens et les chocs électriques sont fictifs.

Dans le cadre de l'expérience simulée (apprentissage par la punition), élève et enseignant sont tous deux désignés comme « sujets » (subject). Dans le cadre de l'expérience réelle (niveau d'obéissance, soumission à l'autorité), seul l'enseignant sera désigné comme sujet.

Au début de l'expérience simulée, le futur enseignant est présenté à l'expérimentateur et au futur élève. Il lui décrit les conditions de l'expérience, il est informé qu'après tirage au sort il sera l'élève ou l'enseignant, puis il est soumis à un léger choc électrique (réel celui-là) de 45 volts pour lui montrer un échantillon de ce qu'il va infliger à son élève et pour renforcer sa confiance sur la véracité de l'expérience. Une fois qu'il a accepté le protocole, un tirage au sort truqué est effectué, qui le désigne systématiquement comme enseignant.

L'élève est ensuite placé dans une pièce distincte, séparée par une fine cloison, et attaché sur une chaise électrique. Le sujet cherche à lui faire mémoriser des listes de mots et l'interroge sur celles-ci. Il est installé devant un pupitre où une rangée de manettes est censée envoyer des décharges électriques à l'apprenant. En cas d'erreur, le sujet enclenche une nouvelle manette et croit qu'ainsi l'apprenant reçoit un choc électrique de puissance croissante (15 volts supplémentaires à chaque décharge). Le sujet est prié d'annoncer la tension correspondante avant de l'appliquer.

Les réactions aux chocs sont simulées par l'apprenant. Sa souffrance apparente évolue au cours de la séance : à partir de 75 V il gémit, à 120 V il se plaint à l'expérimentateur qu'il souffre, à 135 V il hurle, à 150 V il supplie d'être libéré, à270 V il lance un cri violent, à 300 V il annonce qu'il ne répondra plus. Lorsque l'apprenant ne répond plus, l'expérimentateur indique qu'une absence de réponse est considérée comme une erreur. Au stade de 150 volts, la majorité des sujets manifestent des doutes et interrogent l'expérimentateur qui est à leur côté. Celui-ci est chargé de les rassurer en leur affirmant qu'ils ne seront pas tenus pour responsables des conséquences. Si un sujet hésite, l'expérimentateur lui demande d'agir. Si un sujet exprime le désir d'arrêter l'expérience, l'expérimentateur lui adresse, dans l'ordre, ces réponses

  1. « Veuillez continuer s'il vous plaît. »
  2. « L'expérience exige que vous continuiez. »
  3. « Il est absolument indispensable que vous continuiez. »
  4. « Vous n'avez pas le choix, vous devez continuer. »

Si le sujet souhaite toujours s'arrêter après ces quatre interventions, l'expérience est interrompue. Sinon, elle prend fin quand le sujet a administré trois décharges maximales (450 volts) à l'aide des manettes intitulées "Danger de Mort" situées après celles faisant mention de Attention, choc dangereux. "


À l'issue de chaque expérience, un questionnaire et un entretien avec le sujet permettaient de recueillir ses sentiments et d'écouter les explications qu'il donnait de son comportement. Cet entretien visait aussi à le réconforter en lui affirmant qu'aucune décharge électrique n'avait été appliquée, en le réconciliant avec l'apprenant et en lui disant que son comportement n'avait rien de sadique et était tout à fait normal

Un an après l'expérience, il recevait un nouveau questionnaire sur son impression au sujet de l'expérience, ainsi qu'un compte rendu détaillé des résultats de cette expérience

Lors des premières expériences menées par Stanley Milgram, 62,5 % (25 sur 40) des sujets menèrent l'expérience à terme en infligeant à trois reprises les électrochocs de 450 volts. Tous les participants acceptèrent le principe annoncé et, éventuellement après encouragement, atteignirent les 135 volts. La moyenne des chocs maximaux (niveaux auxquels s'arrêtèrent les sujets) fut de 360 volts. Toutefois, chaque participant s'était à un moment ou à un autre interrompu pour questionner le professeur. Beaucoup présentaient des signes patents de nervosité extrême et de réticence lors des derniers stades (protestations verbales, rires nerveux, etc.).

Milgram a qualifié à l'époque ces résultats « d’inattendus et inquiétants ». Des enquêtes préalables menées auprès de 39 médecins-psychiatres avaient établi une prévision d'un taux de sujets envoyant 450 volts de l'ordre de 1 pour 1000 avec une tendance maximale avoisinant les 150 volts 

Mais qu'advient-il lorsque l'ordre de poursuivre est communiqué non plus directement, mais à l'aide d'un interphone par exemple, ou lorsque l'expérience doit se dérouler en l'absence momentanée de l'expérimentateur ? Il apparaît que dans de telles conditions, le pourcentage de sujets «obéissants» tombe à un peu plus de 20 %. Il semble donc que les conditions de soumission se modifient, dès le moment où le libre arbitre de l'individu a la possibilité de se manifester.

Qu'en est-il alors des personnes appelées à fonctionner dans des institutions régies par des règles strictes, et soumises au pouvoir quasi absolu d'une minorité «d'experts»? Des chercheurs (Hoffling et al., 1966) tentèrent de l'observer auprès des infirmières, responsables chacune d'un des 22 services rattachés à deux hôpitaux, l'un public et l'autre privé. Les résultats de cette expérience montrent un pourcentage réellement impressionnant de soumission docile à un supérieur hiérarchique (ici, c'était un médecin, En savoir plus sur cette expérience?).

Milgram a montré, lui aussi, que lorsqu'un sujet sait qu'il n'a qu'un rôle d'intermédiaire et qu'il ne peut donc être directement tenu pour responsable de l'acte posé, le taux de docilité monte à 90 %.

Alors, que conclure ? Doit-on désespérer devant de telles constatations, en se disant que la soumission à l'autorité est bel et bien inscrite dans la nature humaine ? Assurément non. Des recherches ultérieures ont montré que lorsque les sujets étaient en présence d'autres individus refusant d'obéir, ils refusaient à leur tour de le faire, dans une proportion de 90 %.

Il semble donc que l'espoir repose et continue de reposer sur la présence d'individus ou de groupes œuvrant sans arrêt à dénoncer les abus et l'injustice, afin de servir de contrepoids aux tendances à l'apathie et à la soumission, qui caractérisent la majorité.

Les expériences ayant eu lieu avant 1968, à une époque à laquelle il était donc donné à l'autorité un poids qui ne lui fut plus autant reconnu par la suite, il était ensuite espéré que, de ce fait, une amélioration du pourcentage de résistants aux pressions. Comme ils ont vu, il n'en fut rien. Le pourcentage d'environ 10% de réfractaires aux pressions, le même qui fut constaté aux lavages de cerveau pendant la guerre de Corée, resta sensiblement le même.

 

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Légendes du japon : Les voix (Koé) et le Village de "Tous-les-Dieux"

28 Janvier 2012 , Rédigé par Kthullu Publié dans #Légende Urbaine - Creepypasta

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Le Village de "Tous-Les-Dieux"

Certains d'entre vous connaissent surement le jeu "Project Zero 2 ". Mais saviez-vous que le village de Minakami (Tous-les-Dieux) existe bel et bien. Il se situe près de la forêt de Moebashi.  le rituel du sacrifice pourpre , qui était pratiqué tous les dix ans nécessite la présence de deux jumeaux ou jumelles. Le but est ensuite de faire étrangler le plus faible des deux afin de les « réunifier » et d'apaiser l'abysse infernal par un sacrifice. Cela évite aussi la Repentance.

S'apparentant à la malédiction correspondante, les papillons rouges, réincarnations des jumeaux sacrifiés, servent à attirer tous les jumeaux ou jumelles proches du village. On raconte que l'endroit est maudit car en 1471, le chef du village y tua tout le monde car le rituel n'avait pas eut lieu ; l'une de ses filles s'était enfuie.. Mais cette fois ci , lors d'une dispute de famille, la plus jeune à fuie le village et est revenue seulement après le carnage causé par on père. On y raconte aussi que chaque soir du 4 Novembre on entend des pleurs venant de la forêt...  

 

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Rumeur sur les Koé (聲 : les Voix )

Cette histoire à plusieurs variante en Corée, au Japon, en Chine et en Russie.

Elle daterait environ des années 1700. A Tokushima, après un accident domestique, la fille de la maitresse de maison légitime nommé Ai perdit la voie pour une raison inconnue. Suite à cela elle fut souvent mis à l'écart mais ses parents avait arranger un mariage avec un des partie les plus riche du comté. Lors de la cérémonie de mariage , elle arrive, le coeur arrachée et ses yeux était bleus comme l'ocean (elle avait les yeux marrons à l'origine), et s'effondre sur le sol, son sang dessine le kanji "Koé".  Quelque nuit plus tard, sa mère toujours en pleurs décide de se pendre, laissant derrière elle une lettre avec le signe "Koé" la lettre affirme " Pour que ses mots arrivent jusqu’à toi, je sacrifierais volontier ma voix ".

Selon la légende, la mère aurait retrouvé sa fille et l'aurait aidé a apaisait son fardeau laisser voguait son corp dans une barque illuminée de bougie pour que sa fille repose en paix. Tandis que la mère , se condamne à devoir sans cesse apaiser l'esprit des morts.

La chanteuse Tsukiko Amano, a fait une chanson nommé 聲, et dis également " Pour que ses mots arrivent jusqu'a toi je sacrifierais volontier ma voix".

Les Koé peuvent également être perçue comme des être malfaisant, permettant au mort de revenir dans le monde des humains et de se venger jusqu'a satisfaction en seulement 3 jours. L'autre variante dit aussi qu' en Corée, une femme au teint pâle vient chaque 18 Août se receuillir sur une tombe au hasard et que quelques jours apres, un membre de la famille du défunt meurt subitement.

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Les possédés d’Illfurth

27 Janvier 2012 , Rédigé par Kthullu Publié dans #Phénomène inéxpliqués

 

l’Église a officiellement reconnu ces cas comme étant des possessions démoniaques avérées. 
Voici un condensé de l’étrange histoire des petits possédés d’Illfurth relatée par le curé alsacien P. Sutter. 

Nous sommes dans la seconde moitié du XIXe siècle, à d’Illfurth, village de 1200 âmes situé à une dizaine de kilomètres au sud de Mulhouse dans le Sundgau, la partie la plus méridionale d’Alsace. C’est là que résident la modeste mais laborieuse famille Burner. Le père de famille, Joseph, est marchand ambulant, parcourant le pays pour vendre ses allumettes et son amadou. Marie Anna Foltzer, la mère, s’occupe de ses cinq enfants encore mineurs. Rien ne prédestine cette paisible famille à vivre les terribles évènements que le malin lui réserve. 

Tout débute à l’automne 1864 lorsque les deux aînés de la fratrie, Thibaut et Joseph Burner, âgés respectivement de 9 et 7 ans, sont soudainement atteints d’un mal inconnu. Le Dr. Lévy d’Altkirch, ainsi que d’autres médecins consultés par la suite, ne parvient pas à identifier ce mal étrange dont aucun remède ne vient à bout. Les deux enfants dépérissent à vue d’œil. Thibaut n’est plus qu’une ombre. 
En septembre de l’année suivante apparaissent ce que l’on peut qualifier de terribles troubles du comportement. Les deux frères se mettent à tourner sur eux-mêmes lorsqu’ils sont couchés, font des crises de nerfs, s’attaquent violemment au mobilier avant de finir inanimés pendant de longs moments. Les témoins de l’époque parlent de phénomènes plus inquiétants encore. Parfois, l’abdomen de l’un des enfants se gonfle, les petits martyrs ont alors l’impression qu’une boule ou que quelque chose de vivant sautille dans leurs estomacs. Souvent leurs jambes, telles des baguettes souples, sont entortillées et nul ne peut les séparer ! 

Thibaut reçoit de pénibles et régulières visites d’une étrange créature, de lui seul visible, au corps couvert de plumes, au bec de canard et aux mains griffues. Ces visions, que l’on pourrait croire sorties d’une œuvre de Bosch ou de Grünewald, rendent le jeune garçon totalement hystérique ; il se bat avec son visiteur qui menace de l’étrangler. La scène se répète inlassablement, vingt à trente fois par jour, devant des centaines de témoins de toutes les classes de la société. Finalement, ne reste de ces effroyables tourments que quelques plûmes à l’odeur nauséabonde. Ces plûmes, ainsi qu’une espèce d’herbe aquatique, apparaissent constamment dans les vêtements des enfants au point de recouvrir le sol. L’odeur étant insoutenable, la famille s’en débarrasse au plus vite. En brûlant, ces témoignages maléfiques ne laissent aucune cendre. 

Les jeunes Burner sont aussi la proie de phénomènes que l’on peut qualifier de poltergeist. Ils sont régulièrement projetés de leurs chaises. Un jour de février 1869, Thibaut se met même à planer à 40 cm au dessus de sa chaise !

A cette époque vivait à Illfurth une vieille femme de mauvaise réputation, chassée de son village natal à cause du désordre qu’elle y causa. C’est bien évidemment cette dernière que les esprits qui semblent posséder les enfants accusent d’être à l’origine des évènements. 

Très rapidement le curé du village, M. Brey, qui a la réputation d’être un saint homme, se dit qu’il s’agit d’une attaque démoniaque. Il faut dire que les enfants se mettent à blasphémer, deviennent furieux en présence d’eau bénite ou de crucifix alors que l’évocation du nom du Christ, de la Vierge Marie et de la Sainte Trinité leur inspire la terreur ! Les enfants, qui n’ont que peu étudié, parlent couramment français, latin et anglais. Allant même jusqu’à comprendre différents dialectes français et espagnols ! La possession ne semble plus faire aucun doute

 

Un témoin raconte : « Quand ils étaient au lit, ils se tournaient vers le mur et peignaient d’horrible têtes de diables, et puis ils se mettaient à converser avec ces diables et à jouer avec eux. Si, l’un des petits possédés étant endormi, on posait un chapelet sur son lit, il se cachait sous les couvertures, jusqu’à ce qu’on enlevât le chapelet. » 

Plusieurs personnes, visiblement intriguées, se joignent aux curé Brey afin d’étudier très sérieusement le cas des enfants Burner : M. Spies, le maire de Sélestat, un dénommé Martinot, lui aussi de Sélestat, ainsi que le Professeur Lachemann de la Congrégation des Frères de Marie de Sankt Pilt (Aujourd’hui Saint Hippolyte dans le Haut-Rhin). 

A force de questionnements, l’on se rend compte que chacun des enfants est possédé par au moins deux esprits démoniaques. Comme l’on peut s’en douter, les démons ne sont pas vraiment disposés à se présenter, mais à force de subterfuges, notamment en flattant leurs ego, ils se laissent piéger. Trois démons finissent ainsi par se manifester et s’exprimer par l’entremise des enfants. Un quatrième, possédant le jeune Joseph, ne se laissera toutefois pas questionner. 

 

Thibaut est possédé par deux démons qui affirment s’appeler Orobas et Ypès. Ce dernier se qui se vante de commander à 71 légions démoniaques, est provoqué par M. Martinot qui lui assène qu’un pauvre chef comme lui devrait avoir honte de son ignorance puisqu’il ne connaît même pas son propre nom. Ypès, ne se laissant pas démonter de lui répondre « si si, je connais mon nom et le tient aussi bien que toi, mais je ne te le dirai pas ! Si tu étais juif, je te répondrais dans toutes les langues » 

Joseph quand à lui, est possédé par un esprit démoniaque qui dit se nommer Solalethiel. Ce qui marquera les esprits des témoins est l’aversion des enfants pour l’eau bénite et les médailles pieuses mais surtout la peur que leur inspirait la Sainte Vierge. Les démons la nommaient « la Grande Dame », l’un d'eux d’expliqua qu’il lui était interdit de manquer de respect à la Vierge. S’exprimant par la bouche de Thibaut, ils feront part à plusieurs reprises de leur tristesse d’avoir été chassés des cieux, une splendeur qu’ils ne devaient plus revoir, contraints de partir « par les trois qui sont plus forts qu’eux ». 
 
Ils iront même jusqu’à faire des allusions politiques, ne cachant pas leur aversion pour l’Empereur Napoléon III trop proche du Pape à leur goût et leurs penchants républicains. Souvent les visiteurs étaient accueilli au cri de « Liberté, Égalité, Fraternité ; République Française ! » Lorsque M. Spies osa un jour répondre en affirmant que le malin ne savait pas de quoi il parlait, ce dernier lui répondit sans hésitation « Oh que si ! Que vives la liberté, l’égalité et la fraternité ! C’est une période très propice pour nous autres ! » 
 
Le Professeur Lachemann questionna alors Thibaut au sujet de l’Abbé Jean Bochelen, natif d’Illfurth, qui fut condamné à mort et fusillé dans une carrière le 24 juillet 1798 par les révolutionnaires colmariens. Plusieurs reliques furent conservées par la famille de l’Abbé, dont sa chemise tachée de sang. En juin 1842, plusieurs maisons d’Illfurth furent ravagées par les flammes. Fort heureusement le calice, des lettres et le bréviaire du vicaire purent être sauvés des flammes. Mais la chemise ensanglantée fut volée pendant que l’incendie faisait rage. « Dis moi Thibaut, connais-tu aussi Bochelen ? » lui dit-il. « Ne me parle pas de ce chevalier-chamailleur, je ne veux rien savoir de lui. Dans trente ans l’on parlera assez de lui lorsque l’on l’exhumera » répondit le possédé ! 
 
En 1897, trente ans plus tard, le curé Soltner rédigera l’ouvrage « Johann Bochelen, der letzte elsässische Märtyrer der grossen Revolution » (Jean Bochelen, le dernier martyr alsacien de la grande révolution) et un monument immortalisant l’exécution sera érigé devant le nouveau presbytère d’Illfurth ! 
 
A la question de savoir ce qu’est devenue la chemise, le démon dira : « Taisez-vous ! Un brave garçon l'a volé sinon un jour vous en auriez fait des reliques ! »
 
Comme s’il fallait une preuve de plus que les deux enfants étaient la proie d’une puissance surnaturelle, ils avaient de fréquents accès de voyance. Un témoin raconte : « A plusieurs reprises, Thibaut prédit la mort de quelqu’un. Deux heures avant la mort d’une certaine Frau Müller, il s’agenouilla près de son lit et fit semblant de sonner le glas. Un autre jour, il recommença le même pantomime pendant une heure entière. Quand on lui demanda pour qui il sonnait le glas, il répondit : « Pour Gregor Kunegel. » Or, la fille de Kunegel se trouvait là :


-Menteur! Dit-elle furieuse à Thibaut. Mon père n’est même pas malade.
- Peut-être bien répondit Thibaut, mais il vient de faire une chute. Vas-y voir toi-même!
 
C’était vrai. L’homme venait juste de se tuer en tombant d’un échafaudage – au moment précis où Thibaut sonnait le glas imaginaire. Et personne, à Illfurth, n’avais encore appris l’accident.  »
 

Vu la tournure des évènements, le curé Brey contacte à maintes reprises sa hiérarchie. Dans un premier temps, l’évêché ne dépêche que deux sœurs pour veiller sur les enfants. Finalement, après une première tentative d’exorcisme à l'abbaye bénédictine d’Einsiedeln en Suisse, qui n’avait rien donné, l’Évêque de Strasbourg, plutôt sceptique, décide, en avril 1869, de dépêcher trois théologiens sur les lieux : le Chanoine Stumpf, supérieur du grand séminaire de Strasbourg, ainsi que deux prêtres locaux, les curés Freyburger et Sester. Ces derniers confirment le cas de possession et conseillent d’enfermer Thibaut dans un monastère. 
 
En septembre 1869, Monseigneur Raess, au vu des conclusions de l’enquête canonique, décide de faire interner Thibaut à l’orphelinat Saint-Charles de Schiltigheim en banlieue de Strasbourg. C’est là que l’un des démons affirme être un prince des ténèbres habitant l’enfer, chassé du ciel par l’Archange Saint Michel. Il affirme que l’enfer existe réellement et qu’il donnerait tout pour retourner au ciel. Il se vante d’avoir assisté à la crucifixion du Christ ! 
 
Le 3 octobre 1869, Thibaut est exorcisé en présence de onze religieux et de sa mère. Lors de cet exorcisme qui dura deux jours les démons affirmèrent à nouveau êtres deux et s’appeler des mêmes noms qu’à Illfurth. Ce n’est finalement qu’après l’évocation de la Sainte Vierges que la manifestation démoniaque lâcha prise, laissant Thibaut inanimé mais délivré ! 
 
Le Curé Brey reçu l’autorisation de procéder à l’exorcisme de Joseph resté à Illfurth. La cérémonie eut lieu le 27 octobre 1869 à la Burnkirch, l’un des plus anciens sanctuaires d’Alsace (Sans doute fondé au VIIIe siècle) se trouvant au milieu d’un cimetière non loin du village. Pendant la cérémonie, le démon dit s’appeler Ypès, comme celui qui avait possédé son frère. Après de longues heures de combat, l’enfant fut lui aussi finalement délivré à l’évocation de la Sainte Vierge !
 
Il fallut quatre années avant que les deux frères ne fussent libérés par les rites de l’exorcisme. Thibaut mourut deux ans plus tard, à l’âge de seize ans, en 1871. Joseph, chez qui les symptômes avaient été moins graves, mourut en 1882.
 
Aujourd’hui que reste-t-il de cette étrange histoire ? 
A vrai dire très peu de choses. La ferme des Burner n’existe plus, les inscriptions latines qui faisaient référence à l’exorcisme de Joseph ne sont plus visibles à la Burnkirch. 
 
Seule subsiste une imposante colonne de pierre portant la statue de la Sainte Vierge, érigée vers 1870, en face de l’ancienne ferme, symbole de la foi des paroissiens d’Illfurth qui par reconnaissance et dévotion ont participés financièrement à son érection. Elle commémore l’intercession de la Vierge dans la délivrance des jeunes possédés. 

 

Le socle comporte la mention latine « in memoriam perpetuam liberationis duorum possessorum Theobaldi et Josephi Burner obtentae per intercessionem beatae Mariae virginus immaculatae anno Dñi MDCCCLXIX » (En perpétuelle mémoire de la libération des deux possédés Thibaut et Joseph Burner obtenue par l’intercession de la Sainte et immaculée Vierge Marie l’an du Seigneur 1869). 
 
Malheureusement le temps a fait son œuvre et l’inscription devient difficilement visible, plongeant peu à peu ces évènements dans l’oubli. 

 

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